Une ancienne élue municipale de 85 ans, hospitalisée aux urgences du centre hospitalier régional d'Orléans, a passé six jours sur un brancard dans les couloirs, dénonçant un « enfer » et des conditions de prise en charge indignes. Le CHR a reconnu des difficultés et présenté ses excuses.
Six jours sur un brancard, sans lit
Micheline R., 85 ans, ancienne adjointe au maire d'une commune du Loiret, a été admise aux urgences d'Orléans le 29 juillet dernier pour une chute à domicile. Selon son témoignage rapporté par Libération, elle est restée six jours allongée sur un brancard, dans un couloir, faute de lit disponible dans les services d'hospitalisation. « C'est un enfer, on est abandonnés », a-t-elle confié, décrivant des nuits agitées, un bruit constant, et une hygiène précaire.
La patiente, qui souffre d'une fracture du col du fémur, a attendu quatre jours avant de passer une radiographie, et deux jours supplémentaires avant qu'un chirurgien ne vienne l'examiner. Elle a finalement été opérée le sixième jour, après avoir été transférée dans un lit du service d'orthopédie.
Le CHR d'Orléans admet des « tensions » et s'excuse
Interrogé par nos confrères, le CHR d'Orléans a reconnu une « situation de tension extrême » aux urgences, avec un afflux de patients en hausse de 20 % par rapport à l'été dernier. Le directeur de l'établissement, le docteur Jean-Pierre Martinez, a présenté « ses excuses les plus sincères » à la patiente et à sa famille, tout en soulignant que « le personnel fait face à des conditions difficiles, avec un manque de lits en aval et une pénurie de soignants ».
Selon le CHR, 25 lits d'hospitalisation ont dû être fermés cet été faute de personnel, ce qui a allongé les délais d'admission. Le docteur Martinez a également indiqué que des mesures ont été prises pour « fluidifier le parcours du patient », notamment l'ouverture d'une unité de soins non programmés et le recours à l'intérim.
Une situation qui interpelle sur la prise en charge des personnes âgées
Ce cas, qui n'est pas isolé, soulève la question de la dignité des soins aux personnes âgées. Pour la famille de Micheline R., « c'est inadmissible de laisser une personne de 85 ans dans un couloir, sans soins adaptés ». L'ancienne élue, qui a passé sa vie au service des autres, a exprimé sa colère : « J'ai vu des gens pleurer, des familles désemparées. On nous traite comme du bétail. »
La fille de la patiente, qui a alerté la direction de l'hôpital, a obtenu un rendez-vous avec le médiateur de l'établissement. Elle envisage de déposer une plainte pour « non-assistance à personne en danger ».
Le gouvernement appelle à « l'apaisement »
Interrogé sur cette affaire, le ministre de la Santé a appelé à « l'apaisement » et a rappelé que « la priorité absolue est de rouvrir des lits » avant la rentrée. Il a annoncé la mise en place d'un plan d'urgence pour les hôpitaux, avec le déblocage de 50 millions d'euros pour financer des heures supplémentaires et des recrutements.
Cette affaire relance le débat sur l'hôpital public, alors que les syndicats alertent sur la dégradation des conditions de travail et l'épuisement des soignants. Pour la CGT du CHR d'Orléans, « ce genre de situation est le résultat de dix ans de politiques d'austérité ».



