Un constat alarmant sur l'usage des trottinettes électriques
Interdites aux moins de 14 ans, les trottinettes électriques sont pourtant largement utilisées par les adolescents et même les enfants. Un décret de 2023 avait relevé l'âge minimum de 12 à 14 ans pour protéger les plus jeunes et dissuader les comportements dangereux. Mais trois ans plus tard, le bilan est contrasté. Au-delà des préoccupations de sécurité routière, des médecins alertent sur un phénomène inquiétant : la substitution de la marche par la trottinette électrique pour les trajets courts, voire très courts.
Une menace pour la santé physique des jeunes
Le Dr Guillaume Sarre, médecin du sport, dénonce une véritable catastrophe : « Les adolescents ne marchent plus, même pour 300 mètres. On assiste à une sédentarisation, une stratégie de la paresse. » Le Dr Anne Sénéquier, pédopsychiatre, renchérit : « La trottinette électrique n'a aucun intérêt physique, contrairement au vélo à assistance électrique. C'est le reflet d'une société qui veut toujours aller plus vite sans effort. »
Ces mauvaises habitudes, prises dès le plus jeune âge, inquiètent les spécialistes. Alors qu'un élève de 6e sur deux ne peut courir plus de cinq minutes et que l'obésité progresse, l'usage massif des trottinettes électriques aggrave la sédentarité. « On encourage la fabrique à pathologies. Il faut réapprendre aux gens à bouger au quotidien », insiste Anne Sénéquier. Le Dr Sarre ajoute : « Un adulte sait ce qui est bon ou pas, mais pour les enfants, ces mauvais réflexes risquent de perdurer. »
Des conséquences mécaniques sur le corps
Le recul de l'activité physique entraîne non seulement du surpoids, mais aussi des problèmes musculo-squelettiques. « Les jeunes ne marchent plus, leur dos n'est pas musclé. On voit réapparaître des problèmes de dos chez les ados, avec une posture voûtée favorisée par la trottinette électrique », explique le Dr Sarre.
Une hausse des accidents
En 2025, 80 personnes sont décédées en France en trottinette électrique, soit 35 de plus qu'en 2024. Cette augmentation contribue à la hausse du nombre d'adolescents tués sur les routes. « On voit nos jeunes aux urgences avec des traumatismes sévères. Quand on va très vite sur de petites roues, on risque de se faire mal », souligne le Dr Sénéquier. Après une forte croissance, avec cinq millions de trottinettes vendues en dix ans, la demande se stabilise à environ 700 000 engins par an.



