À l’hôpital Sainte-Anne à Toulon, la médecine subaquatique et hyperbare est au cœur de la prise en charge des accidents de plongée. ORL, neurologiques, cardiorespiratoires : les conséquences médicales d’un accident de plongée nécessitent une prise en charge transversale développée par de nombreux médecins formés à l’Hôpital National d’Instruction des Armées (HNIA) Sainte-Anne, autour du service de médecine subaquatique et hyperbare.
Accidents de plongée : des conséquences médicales très étendues
Les principales conséquences des accidents de plongée concernent les sphères ORL, neurologique et cardiorespiratoire. « Les symptômes vont de l’otite jusqu’à la surdité, en passant par des vertiges, avec une sensation de mal de mer signe d’une lésion de l’oreille interne. Du côté des expressions neurologiques, on peut avoir des fourmillements qui évoluent vers une paralysie, type paraplégie ou vers un accident cérébral », liste le Médecin Chef Jean, médecin hyperbariste au sein du service. Dans le spectre cardiovasculaire, « il peut s’agir de douleurs thoraciques ou d’œdèmes pulmonaires s’aggravant en perte de connaissance. L’issue est souvent fatale quand l’accident survient en immersion. »
La prise en charge de ces symptômes nécessite une compétence transversale développée par de nombreux médecins formés à l’HNIA. Selon le Dr Jean, 50 % des accidents de plongée sont des accidents de désaturation, qui touchent la moelle épinière dans 50 % des cas, la sphère ORL dans 30 % des cas, et sont mixtes ou avec atteintes osseuses ou cutanées dans 20 % des cas.
L’apport de la médecine hyperbare
Les atteintes ORL et neurologiques provoquées par un accident de désaturation justifient le recours à la médecine hyperbare et à son principal outil : le caisson hyperbare. « L’air que nous respirons est composé d’oxygène à 20 % et d’azote à 80 %, rappelle le Médecin Chef Jean. Le principe du caisson est d’augmenter la pression (par rapport à la pression atmosphérique) pour apporter massivement de l’oxygène à des organes qui n’en reçoivent plus, ou pas suffisamment. On peut atteindre une pression jusqu’à 280 % d’oxygène, alors qu’on est limité à 100 % maximum en réanimation. Cela équivaut à 2,8 fois la pression de la colonne d’air, et à une zone de travail comprise entre moins 10 et moins 18 mètres. »
Il n’existe pas d’alternative à l’usage du caisson hyperbare hospitalier. En l’absence de contre-indications à la pratique de la plongée, il n’y en a pas non plus au traitement en caisson hyperbare : ce sont les mêmes. Attention aux caissons hyperbares gonflables commercialisés dans certains pays : ils ne permettent pas d’atteindre ces concentrations thérapeutiques en oxygène.
D’autres indications
Les accidents de plongée ne sont pas la seule indication de la médecine hyperbare. « Quatorze autres pathologies peuvent être ainsi traitées, de la gangrène à la surdité brusque, en passant par les complications des radiothérapies, les retards de cicatrisation (dans le cas des patients diabétiques notamment) ou les intoxications au monoxyde de carbone », précise le Dr Jean.



