Soins palliatifs : une filière universitaire en manque d'étudiants malgré les efforts
Soins palliatifs : pénurie d'étudiants en formation universitaire

Soins palliatifs : une filière universitaire en quête d'étudiants

La formation spécialisée en soins palliatifs continue de rencontrer des difficultés pour attirer les étudiants en médecine. En 2025, dans les facultés de médecine françaises, seuls 61 internes ont suivi la formation spécialisée transversale en médecine palliative, alors que 147 places étaient proposées. Ce chiffre marque une légère progression par rapport à 2024, où ils étaient 57 pour 112 places, et à 2023, avec 59 inscrits pour 106 places.

Un défi de recrutement en début de carrière

« Lorsqu'on crée une nouvelle filière universitaire, la difficulté est d'avoir un vivier qui s'engage, surtout en tout début de carrière », explique une source au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. « Il s'agit d'un domaine qui n'est pas des plus évidents. Il faut créer tout l'écosystème d'enseignement et de recherche, mais également avoir une masse critique avec une unité de soins palliatifs dans chaque département. C'est à ce moment-là qu'on attirera les internes. »

Actuellement, les capacités d'accueil et d'encadrement en stage ne sont pas toujours suffisantes, ce qui constitue un frein supplémentaire au développement de cette spécialité médicale essentielle.

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Une structuration progressive mais insuffisante

Lentement, la filière soins palliatifs commence à se structurer. Elle dispose même, depuis septembre 2025, de son tout premier professeur des universités-praticien hospitalier, le grade le plus élevé, appartenant à la fois à une université et à un centre hospitalier universitaire.

Dans le cadre de la stratégie décennale du ministère de la santé consacrée à l'accompagnement et aux soins palliatifs, 4,2 millions d'euros ont été consacrés, en 2024-2025, au financement de postes d'assistant, de chefs de clinique associés et d'universitaires.

Une alerte sur la pénurie de professionnels

Mais le problème majeur qui se pose reste le manque de professionnels de santé, alerte Laurent Calvel, professeur associé en médecine palliative à l'université de Strasbourg et président du Collège national des enseignants pour la formation universitaire en soins palliatifs.

« Parviendra-t-on à répondre aux perspectives d'évolution de la démographie des patients qui seront confrontés à la maladie grave et à la polypathologie ? Manifestement non, c'est un point de vigilance », souligne-t-il.

Former, tel qu'aujourd'hui, de 10 % à 15 % d'internes de plus chaque année ne sera, selon lui, pas suffisant pour relever le défi posé par le vieillissement de la population et l'augmentation des besoins en soins palliatifs.

La filière universitaire des soins palliatifs fait ainsi face à un double défi : développer son attractivité auprès des jeunes médecins tout en renforçant ses structures d'enseignement et de recherche pour répondre aux besoins croissants de la société.

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