Mahmoud Darwich et Tamar Ben Ami : l'amour impossible du poète palestinien et de la danseuse israélienne
Darwich et Ben Ami : l'amour impossible

Le poète palestinien Mahmoud Darwich et la danseuse israélienne Tamar Ben Ami ont entretenu une liaison amoureuse secrète et passionnée, dont l'existence est révélée par des lettres inédites et un livre à paraître. Cette relation, qui a duré plusieurs années, a été marquée par la clandestinité et la complexité politique du conflit israélo-palestinien.

Une rencontre clandestine et des lettres passionnées

L'histoire commence en 1986, lors d'une rencontre fortuite à Paris, où Mahmoud Darwich, exilé, et Tamar Ben Ami, jeune danseuse israélienne, se croisent. Leur attirance mutuelle est immédiate, mais ils doivent la dissimuler : Darwich est une figure emblématique de la cause palestinienne, et Ben Ami est israélienne. Leur relation se développe à travers des lettres, des appels téléphoniques et des rendez-vous secrets, souvent dans des hôtels discrets de la capitale française.

Selon les extraits publiés par le magazine M, le couple échange plus de 200 lettres, dont certaines sont conservées par la famille de Tamar Ben Ami. Ces écrits révèlent l'intensité de leurs sentiments, mais aussi les tensions liées à leurs identités respectives. Darwich écrit notamment : « Je t'aime, mais je ne peux pas t'aimer. » Une phrase qui résume leur dilemme.

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Un amour contrarié par la politique et la peur

La relation est placée sous le signe de la peur : peur d'être découverts, peur des réactions de leurs proches et de leurs communautés. Mahmoud Darwich, qui a déjà été condamné à plusieurs reprises pour ses écrits, redoute que cette liaison ne nuise à sa cause. Tamar Ben Ami, de son côté, craint d'être rejetée par sa famille et par la société israélienne.

Leur histoire est racontée dans un livre intitulé L'Amour impossible, écrit par la journaliste et écrivaine Laure Adler, qui a eu accès aux archives personnelles de la danseuse. L'ouvrage, qui paraîtra en octobre, s'appuie sur des entretiens avec Tamar Ben Ami, aujourd'hui âgée de 70 ans, et sur des documents inédits. Selon Laure Adler, cette histoire d'amour est « un miroir de l'histoire tragique du conflit ».

Une séparation douloureuse et un héritage littéraire

La relation prend fin en 1998, après douze ans de clandestinité. Mahmoud Darwich, épuisé par les compromis et les mensonges, choisit de mettre un terme à leur histoire pour se consacrer entièrement à son œuvre. Tamar Ben Ami, dévastée, se console dans la danse et dans le souvenir de leur amour.

Après la mort de Darwich en 2008, Tamar Ben Ami décide de révéler leur secret à ses proches, puis de le partager publiquement. Elle confie : « Je voulais que le monde sache que l'amour est possible, même entre ennemis. » Le livre de Laure Adler, qui sortira simultanément en France et en Israël, devrait susciter un vif débat, tant il bouscule les récits établis des deux côtés.

Un témoignage unique sur l'humanité au-delà des clivages

Cette histoire, longtemps restée secrète, offre un éclairage rare sur la complexité des relations humaines en temps de conflit. Elle montre que, malgré les barrières politiques et sociales, l'amour peut naître et s'épanouir, même dans les conditions les plus difficiles. Elle rappelle aussi que la poésie de Darwich, souvent lue comme un cri de résistance, est aussi traversée par des élans intimes et universels.

Le livre de Laure Adler, qui comprend de nombreux extraits de lettres de Darwich, permettra aux lecteurs de découvrir une facette méconnue du poète. Il contribuera, à sa manière, à humaniser un conflit trop souvent réduit à des slogans. La sortie est prévue le 15 octobre, et une lecture publique est organisée à Paris, en présence de Tamar Ben Ami.

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