La lutte contre le sida est gravement menacée par la diminution des budgets d'aide internationale. Selon un rapport de l'ONUSIDA publié ce jeudi, les financements alloués à la riposte ont chuté de 8 % en 2026, passant sous la barre des 20 milliards de dollars pour la première fois depuis 2018. Cette tendance, si elle se poursuit, pourrait entraîner une recrudescence des infections et des décès liés au VIH.
Des coupes claires dans les principaux fonds
Les États-Unis, principal contributeur historique via le programme PEPFAR, ont réduit leur enveloppe de 12 %, tandis que plusieurs pays européens, dont la France et l'Allemagne, ont annoncé des baisses similaires. Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme voit son budget 2027-2029 menacé, avec un déficit estimé à 3 milliards d'euros. "Nous risquons de perdre les acquis durement gagnés des vingt dernières années", a déclaré le directeur exécutif du Fonds mondial, Peter Sands, cité dans le rapport.
Conséquences sur le terrain
Dans les pays à forte prévalence, comme l'Afrique du Sud et le Nigeria, les programmes de prévention et de distribution d'antirétroviraux sont déjà affectés. L'ONUSIDA estime que 200 000 nouvelles infections supplémentaires pourraient survenir chaque année si les financements ne sont pas rétablis. En 2025, on dénombrait encore 1,5 million de nouvelles contaminations et 600 000 décès liés au sida dans le monde. "Chaque dollar retiré se traduit par des vies perdues", a alerté Winnie Byanyima, directrice exécutive de l'ONUSIDA.
Un appel à la mobilisation
Les organisations de la société civile et les associations de patients appellent les gouvernements à honorer leurs engagements pris lors de l'Assemblée générale des Nations unies en 2021, qui visait à mettre fin au sida comme menace de santé publique d'ici 2030. Sans un sursaut financier, cet objectif paraît inaccessible. "Il ne s'agit pas seulement d'une question de santé, mais de justice sociale", a souligné un porte-parole de Médecins Sans Frontières.



