Un salarié français sur deux présente des signes de détresse psychologique, un niveau record depuis le début de la crise sanitaire, selon le baromètre Empreinte Humaine publié ce mardi 2 juin 2026. Réalisée par Ipsos BVA auprès de 2 000 salariés, cette étude révèle que 50 % des travailleurs sont en détresse psychologique, soit une hausse de 3 points par rapport à novembre 2025. Parmi eux, 16 % souffrent d'une détresse élevée, un chiffre comparable à celui du deuxième confinement.
Les femmes (55 %), les employés (59 %) et les moins de 30 ans (60 %) sont les plus touchés. Les directeurs des ressources humaines (DRH) affichent également un taux élevé de 62 %. À l'inverse, seuls 25 % des salariés de 60 ans et plus sont concernés.
Un tiers des salariés en risque de burn-out
L'étude indique que 32 % des salariés sont en risque de burn-out, dont 11 % en risque sévère. Le risque de burn-out sévère est deux fois plus élevé qu'avant la crise sanitaire. Près de la moitié des salariés (45 %) craignent de ne pas tenir psychologiquement jusqu'à la retraite, et ce chiffre monte à 65 % chez les jeunes en détresse. Un tiers des salariés souhaitent quitter leur entreprise, tandis que 20 % déclarent faire le strict minimum, un phénomène de « quiet quitting » qui s'ancre.
Conditions de travail dégradées et manque de reconnaissance
Les conditions de travail sont au cœur des frustrations. 60 % des salariés ont l'impression d'être de simples exécutants, 51 % estiment manquer de temps pour faire un travail de qualité, et 52 % jugent que la succession de crises géopolitiques et économiques sert de prétexte à la dégradation de leurs conditions. « Il y a une accélération des rythmes de travail, les salariés disent qu'ils n'arrivent pas à bien travailler », commente Christophe Nguyen, président d'Empreinte Humaine et psychologue du travail.
Le manque de reconnaissance est un facteur clé : 84 % des salariés souhaitent être reconnus par leur direction, mais seulement 49 % se sentent effectivement reconnus. En l'absence de reconnaissance managériale, le taux de détresse psychologique grimpe à 63 %, contre 44 % lorsqu'elle est présente. Pourtant, des solutions simples existent : 64 % des salariés aimeraient recevoir des remerciements spontanés, mais seulement 39 % en reçoivent.
Christophe Nguyen appelle à « parler sans tabou des sujets de santé psychologique au travail » et à former les managers. « Sans changement, on peut anticiper dans les prochains mois une part toujours très importante des motifs psychologiques dans les arrêts maladie », conclut-il.



