À peine le clip de la chanson Petal mis en ligne, les réactions n'ont pas tardé. Les critiques ont immédiatement fusé sur le corps d'Ariana Grande. Tel un objet, la chanteuse et actrice de 33 ans se retrouve décortiquée sous toutes les coutures, chaque partie de son anatomie étant commentée, le plus souvent de manière négative.
Sur les réseaux sociaux, des internautes se moquent ouvertement de sa silhouette, jugée de plus en plus émaciée à chaque apparition. Ces commentaires ne sont pas restés cantonnés aux anonymes. D'autres célébrités et influenceurs ont pris la parole pour tirer la sonnette d'alarme sur le retour d'une certaine maigreur à Hollywood et sur les podiums. Ariana Grande devient, dans ce contexte, l'incarnation d'une tendance jugée dangereuse, non seulement pour la santé des femmes, mais aussi pour leur place dans la sphère publique.
Un paradoxe difficile à résoudre
L'actrice Jameela Jamil, connue pour son engagement sur les questions d'image corporelle et elle-même ancienne victime de troubles alimentaires, a résumé la situation dans une série de stories Instagram. Ses propos, rapportés par le Mirror, mettent en lumière une double contrainte. « Si nous faisons des commentaires sur son corps, nous risquons de nuire à sa santé mentale, ce qui serait terrible », a-t-elle expliqué. « Si nous ne faisons pas de commentaires sur son corps, nous courons le risque de normaliser cette image auprès des centaines de millions d'adolescentes. »
Ce paradoxe est au cœur du débat. D'un côté, le silence pourrait être interprété comme une acceptation tacite d'un idéal de minceur extrême. De l'autre, la parole publique risque d'accentuer la pression sur la chanteuse, déjà exposée depuis l'adolescence.
Un retrait de la scène et des projets
Ariana Grande a réagi d'une manière singulière : par le retrait. Après la fin de sa tournée Eternal Sunshine Tour, le 1er septembre 2026 à Londres, elle a décidé de quitter cette sphère publique. Elle ne participera pas non plus à la comédie musicale prévue au Barbican l'été prochain, Sunday in the Park with George.
Cette décision intervient alors qu'elle avait déjà répondu à des critiques similaires lors de la promotion de Wicked et de Wicked 2. Cette fois, elle a choisi le silence, une réponse qui en dit long sur la lassitude face à ce qu'elle avait elle-même qualifié de « bête de foire ».
Des confidences sur son état de santé mentale
En décembre 2025, Ariana Grande avait dénoncé avec force la facilité avec laquelle le public et les médias commentent le physique des gens. « Il y a une facilité qu'on ne devrait pas avoir, du tout, à commenter le physique des gens, leur apparence, les rumeurs sur ce qui se passerait en coulisses, sur l'état de santé des gens », avait-elle déclaré.
L'ancienne star Disney avait également fait une révélation marquante. La silhouette que le public jugeait « la plus saine » correspondait en réalité à la période de sa vie où elle se sentait au plus mal mentalement. Un décalage qui montre combien les apparences peuvent être trompeuses et à quel point les jugements extérieurs sont éloignés de la réalité vécue.
Le soutien des fans via #WeLoveYouAriana
Face à cette nouvelle vague de critiques, les fans ont rapidement réagi. Le hashtag #WeLoveYouAriana a circulé sur les réseaux sociaux, en signe de soutien à la chanteuse. Une mobilisation qui témoigne d'une prise de conscience grandissante sur les dangers du body shaming, mais qui ne suffit pas à effacer les conséquences de ces attaques répétées.
Cette affaire relance une question plus large sur la responsabilité des réseaux sociaux, des médias et de l'industrie du divertissement dans la diffusion d'images potentiellement nocives. En pointant du doigt Ariana Grande, c'est aussi tout un système qui est interrogé : comment parler du corps des personnalités sans participer à leur destruction psychologique, ni banaliser des modèles dangereux pour des millions de jeunes femmes ?



