Un premier cas autochtone d'infection humaine au virus West Nile (virus du Nil occidental) a été signalé le 16 juillet 2026 par Santé publique France dans les Pyrénées-Orientales. Le Dr Vincent Ronin, infectiologue et responsable du pôle « réponse aux épidémies » de l'ANRS MIE (agence de l'Inserm), appelle à la vigilance sans céder à l'affolement.
Une progression liée au changement climatique
« Pendant des décennies, on a eu des cas épisodiques, on a de plus en plus d'infections chez l'homme », explique le Dr Ronin. Le virus, originaire d'Afrique, est arrivé en Europe du Sud à la fin des années 1990 avant de remonter vers le Nord au début des années 2000. Le réchauffement climatique favorise la prolifération des moustiques Culex, vecteurs du virus, qui se contaminent en piquant des oiseaux infectés avant de transmettre le pathogène à l'homme ou aux chevaux.
Une augmentation des cas humains en France
Les chiffres montrent une nette progression : en 2018, 27 cas humains avaient été recensés en France ; en 2023-2024, une quarantaine ; en 2025, 62 cas ont été comptabilisés, dont des premiers cas autochtones en Île-de-France. « On ne peut pas encore savoir si ce nouveau cas sera isolé, il faut surveiller la situation », précise l'infectiologue.
Un virus à transmission principalement animale
Contrairement à d'autres maladies vectorielles comme le chikungunya, l'homme n'est pas un réservoir important du virus West Nile. « L'homme n'est pas un réservoir suffisamment important de virus pour être un acteur d'une chaîne de transmission », indique le Dr Ronin. L'Institut Pasteur confirme : « Le virus West Nile a pour principal réservoir les oiseaux migrateurs. Les mammifères (chiens, chats, chevaux, êtres humains) sont des hôtes accidentels et des culs-de-sac épidémiologiques : un moustique piquant un mammifère infecté n'est pas capable de transmettre le virus à un autre mammifère. » La transmission interhumaine est exceptionnelle, mais peut survenir lors de transfusions sanguines ou de transplantations d'organes.
Symptômes et gravité
Près de 80 % des infections sont asymptomatiques. Un peu moins de 20 % se manifestent par de la fièvre, des maux de tête ou des courbatures, pouvant passer inaperçus. Dans 1 % des cas, l'infection évolue vers une forme neurologique (méningite, syndrome de Guillain-Barré). La létalité atteint 8 % des cas détectés. En 2025, sur 62 cas, 20 ont présenté une forme neurologique et 5 personnes sont décédées. Les personnes immuno-déprimées et les publics fragilisés sont les plus vulnérables.
Conduite à tenir et prévention
Il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique contre le West Nile. En cas de fièvre ou de courbatures, le Dr Ronin recommande de consulter son médecin traitant et de prendre du paracétamol. Les formes neurologiques nécessitent une hospitalisation en réanimation. La meilleure prévention reste la protection contre les piqûres de moustiques. La suspicion d'un cas de West Nile repose sur la présence d'un foyer animal à proximité où le virus circule. L'Occitanie, où le virus est réapparu sur les chevaux de Camargue en 2000, est particulièrement concernée. En 2025, des premiers cas de transmission à l'homme ont été constatés en Haute-Garonne et dans le Tarn-et-Garonne.



