La France poursuit son glissement dans le classement Pisa 2026, publié ce mardi par l'OCDE. Avec une 27e place en sciences, une 25e en compréhension de l'écrit et une 31e en mathématiques, le niveau des élèves français de 15 ans continue de s'affaisser, notamment dans les disciplines scientifiques. Cette baisse, commune à presque tous les pays de l'OCDE, s'explique par plusieurs facteurs, de l'impact des écrans à la moindre implication des parents.
Un recul généralisé, sauf en Asie
Publié tous les trois ans, le classement Pisa évalue le niveau des élèves de 15 ans dans les 90 pays de l'OCDE. Cette année, le palmarès est encore dominé par les pays asiatiques : Chine, Singapour, Taïwan, Macao, Japon et Corée du Sud. Seuls l'Estonie (6e) et le Royaume-Uni représentent l'Europe dans le Top 10.
Par rapport à l'édition 2022, les résultats de la France ont baissé de 4 points en sciences (24e place), de 18 points en compréhension de l'écrit (25e) et de 16 points en mathématiques (31e). Si la Chine échappe à cette tendance, la plupart des autres pays enregistrent également des reculs, mais la France se distingue par une dégradation plus marquée.
Écrans et intelligence artificielle : un impact désormais prouvé
Ce qui n'était qu'une présomption est devenu une certitude selon l'OCDE : l'utilisation massive des écrans, en particulier pour les réseaux sociaux, a un impact direct sur les performances scolaires. En 12 ans, le temps moyen passé sur les écrans hors temps scolaire a été multiplié par deux, atteignant près de 5 heures par jour chez les 15 ans. Ce phénomène altère fortement le sommeil et nuit à la concentration, à la mémorisation et à l'effort cognitif prolongé nécessaires aux exercices complexes.
Le rapport de l'OCDE établit également une corrélation directe entre l'utilisation accrue de l'intelligence artificielle et de faibles résultats en sciences. En France, 37 % des élèves de 15 ans déclarent utiliser l'IA au moins une fois par semaine, contre 46 % en moyenne dans l'OCDE. À noter que cette génération a vu son entrée dans le secondaire marquée par la pandémie de Covid-19.
Des inégalités qui se réduisent, mais des favorisés en baisse
Comme en 2022, la France fait partie des pays présentant de fortes inégalités de performances selon les origines sociales. Toutefois, l'étude observe que l'écart s'est réduit en sciences. Autre information notable : les élèves français issus des milieux favorisés sont plus concernés par cette baisse du niveau scolaire, notamment en mathématiques. Dans cette matière, la baisse est de 38 % chez les élèves les plus favorisés, contre 22 % chez les plus défavorisés.
Effectifs chargés et réactions du ministre
Avec une moyenne dépassant encore les 25 élèves par classe, la France est, avec l'Espagne, le pays d'Europe où les effectifs sont les plus chargés au collège. Les dédoublements de classes mis en place en primaire ces dernières années ont fait remonter légèrement le niveau – en français comme en maths – des élèves arrivant en 6e. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, refuse pourtant de se focaliser sur cet aspect : « On a trop raisonné ces dernières années en quantité d'élèves par classe et pas assez en contenu pédagogique », a-t-il réagi ce mardi, précisant que ce classement était « préoccupant mais pas une surprise ».
Édouard Geffray a également évoqué des « objectifs d'apprentissage flous, en particulier au collège. Sans remettre en cause le collège unique, je pense que nous devrions utiliser la baisse démographique pour redonner une marge d'autonomie aux établissements », a-t-il avancé. Le ministre avait déjà réaffirmé à la rentrée la volonté de revenir aux bases en primaire et au collège, avec plus de lecture, de dictées, d'écriture directe et d'exercices développant l'esprit critique.
Moins d'implication des parents
L'étude de l'OCDE pointe également une baisse d'implication des parents dans la scolarité de leurs enfants. En moyenne, 49 % des élèves déclarent que leurs parents s'intéressent à ce qu'ils apprennent à l'école, contre 63 % lors des cycles précédents. Confirmant ce « désinvestissement », le ministre de l'Éducation a indiqué que « chaque famille recevra après les vacances de la Toussaint un document détaillant les apprentissages prévus pour l'année scolaire ».



