Paupière qui tremble : myokymie bénigne ou pathologie grave ?
Paupière qui tremble : myokymie bénigne ou pathologie grave ?

Le tremblement de la paupière est le plus souvent bénin

Un léger tressautement, à peine visible, agite régulièrement la paupière. Pas d’inquiétude : il s’agit probablement d’une myokymie palpébrale bénigne, dont il faut cependant bien identifier les symptômes caractéristiques, pour ne pas passer à côté d’une pathologie plus compliquée. Le Dr Vincent Cayzac, ophtalmologue au Centre hospitalier intercommunal Toulon La Seyne, détaille ses principaux symptômes, son traitement et les signes qui doivent faire penser à un autre diagnostic possible et conduire le patient à consulter.

Une pathologie bénigne

La myokymie palpébrale est caractérisée par le tremblement ponctuel, non douloureux, d’un point précis sur une paupière. « Elle est unilatérale et n’empêche pas l’ouverture de l’œil. Aucun autre muscle de la face n’est concerné », indique le Dr Cayzac. « Ce n’est pas grave, cela peut durer deux ou trois jours. » La fatigue, générale ou oculaire, la consommation d’excitants comme la caféine, le manque de sommeil et le stress peuvent favoriser l’apparition de ce spasme léger. Il suffit simplement d’attendre, de bien dormir et d’arrêter les excitants pour que cela passe. Si ce tremblement reste isolé et s’il ne perdure pas, il n’est pas nécessaire de consulter.

Quand voir le médecin ?

Par contre, si le désagrément perdure au-delà de deux semaines, ou si la description du symptôme diffère, il faut prendre rendez-vous chez l’ophtalmologue. « Deux autres pathologies neurologiques peuvent entraîner un tremblement de la paupière », signale en effet le Dr Cayzac. « Dans le cas d’un hémispasme facial ou d’un blépharospasme, la contraction involontaire des muscles péri oculaires peut être plus diffuse et plus sévère. Elle peut être bilatérale (blépharospasme) et s’étendre sur toute une partie du visage (hémispasme facial). La consultation est alors impérative, d’autant plus en cas d’antécédents ou de signes neurologiques associés. » En fonction des symptômes, le médecin va prescrire des examens complémentaires, notamment une imagerie cérébrale dans certaines situations. Le traitement de première intention repose alors sur des injections de toxine botulique. « Ce sont des pathologies plutôt rares », rassure le Dr Cayzac, « mais qui peuvent mimer des maladies plus graves, comme une tumeur encéphalique, une sclérose en plaques ou d’autres affections, qui nécessitent une prise en charge spécifique. »

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Apraxie d'ouverture : un cas rare

Très rare également, et plus gênante, l’apraxie d’ouverture se distingue par l’impossibilité totale d’ouvrir la paupière. « C’est invalidant dans la vie quotidienne, accidentogène et donc à prendre en charge. » Le plus souvent cependant, le tremblement de la paupière ne s’accompagne d’aucun autre symptôme et disparaît spontanément rapidement. En un clin d’œil !

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