Un nouvel organe mondial de préparation aux crises sanitaires a tiré la sonnette d'alarme ce mercredi : le monde n'est pas mieux protégé contre les pandémies qu'avant la crise du Covid-19. Dans un rapport publié à Genève, le Conseil de suivi de la préparation mondiale (GPMB) estime que les progrès sont insuffisants et que les pays doivent agir d'urgence.
Un constat sévère
Le GPMB, créé en 2018 par la Banque mondiale et l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a évalué les capacités de 195 pays à faire face à une nouvelle pandémie. Résultat : seuls 57 pays ont un niveau de préparation satisfaisant. Les autres, soit près de 70% des nations, présentent des lacunes importantes, notamment en matière de surveillance épidémiologique, de systèmes de santé et de coordination internationale.
Des progrès trop lents
Malgré les leçons tirées du Covid-19, qui a fait plus de 7 millions de morts officiellement, les investissements dans la prévention restent faibles. Le rapport souligne que les financements alloués à la préparation pandémique n'ont augmenté que de 5% depuis 2020, bien en deçà des besoins estimés à 15 milliards de dollars par an. « Nous courons après le prochain virus, mais nous ne le rattrapons pas », a déclaré le Dr. Sylvie Briand, directrice du GPMB.
Des recommandations urgentes
Le Conseil appelle à une action immédiate sur plusieurs fronts :
- Renforcer les systèmes de santé : augmenter les capacités hospitalières et former le personnel soignant.
- Améliorer la surveillance : investir dans les laboratoires et les réseaux de détection précoce.
- Assurer un accès équitable : garantir que les vaccins, traitements et diagnostics soient disponibles dans tous les pays.
- Coordonner les réponses : mettre en place des mécanismes de coopération internationale plus efficaces.
Un risque de nouvelle pandémie
Le rapport insiste sur le fait que le risque d'une nouvelle pandémie est élevé, en raison de la déforestation, du changement climatique et de la mondialisation des voyages. « La prochaine pandémie pourrait être encore plus dévastatrice si nous ne nous préparons pas », avertit le Dr. Briand.
L'OMS a salué le rapport, mais a rappelé que les États membres doivent encore finaliser un accord international sur les pandémies, en cours de négociation. « Le temps presse », a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
En France, la ministre de la Santé a pris connaissance du rapport et a annoncé une réunion avec les experts pour évaluer les mesures à prendre. « Nous devons tirer les leçons du passé et investir dans la prévention », a-t-elle déclaré.



