Le gouvernement s'apprête à dévoiler un nouveau plan de régulation des arrêts maladie
Le gouvernement devrait annoncer la semaine prochaine des mesures visant à mieux réguler les dépenses liées aux arrêts de travail. Cette initiative fait suite à plusieurs réunions interministérielles organisées depuis près d'un mois, comme le rapporte BFM Business. L'objectif est de contenir l'explosion des coûts des indemnités journalières, qui ont augmenté de 45% en six ans selon les chiffres du cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
Une envolée des coûts qui inquiète les pouvoirs publics
En 2025, les indemnités journalières ont atteint 17,9 milliards d'euros, contre seulement 12,4 milliards en 2019. Cette hausse spectaculaire a conduit le Premier ministre Sébastien Lecornu à réunir à plusieurs reprises, depuis début mars, les ministres de la Santé Stéphanie Rist, du Travail Jean-Pierre Farandou, des Comptes publics David Amiel et de l'Industrie Sébastien Martin. Ces rencontres se sont déroulées à Matignon dans le but de trouver des solutions pour maîtriser ces dépenses.
Des discussions menées sans les partenaires sociaux
Ces réunions interministérielles ont été organisées sans la participation des partenaires sociaux, ce qui suscite des critiques. « On lit dans la presse que ça va sans doute saigner mais à aucun moment nous n'avons été conviés », déplore-t-on chez France Asso Santé, un collectif fédérant les associations de patients. Les organisations patronales n'ont pas non plus été invitées à ces discussions, rappelant l'échec de l'an dernier lorsque le gouvernement avait proposé de s'attaquer aux arrêts courts en allongeant la durée de carence dans le secteur privé, une proposition largement rejetée.
Les arrêts longs au cœur des préoccupations
Lors des dernières réunions, les ministres ont mis en évidence un fait marquant : les arrêts de plus d'un mois représentent 82% des dépenses des indemnités journalières, alors qu'ils sont moins fréquents que les arrêts de moins de huit jours (seulement 25%). En 2024, les arrêts de travail allant jusqu'à 30 jours ont coûté 1,8 milliard d'euros, contre 9,1 milliards pour les arrêts de plus d'un mois. Cette concentration des coûts sur les arrêts de longue durée pourrait orienter les futures mesures.
Des mesures attendues la semaine prochaine
À ce stade, le cabinet de Stéphanie Rist ne confirme ni n'infirme l'hypothèse de nouvelles mesures ciblant spécifiquement les arrêts de longue durée. Ces potentielles dispositions s'ajouteraient à la limitation déjà existante de la durée des arrêts maladie à un mois pour une primo prescription et deux mois pour un renouvellement. Le gouvernement semble donc déterminé à agir sur ce dossier sensible, avec un plan d'économies qui sera dévoilé dans les prochains jours.



