Dans son dernier point de situation, l’Agence régionale de santé est formelle : l’insecte « poursuit sa progression » dans le département de manière inexorable. Mais la lutte s’intensifie, elle aussi. Le bourdonnement agaçant aux oreilles des Périgourdins n’est pas près de disparaître. Selon le dernier bilan de l’Agence régionale de santé (ARS), le moustique tigre, alias Aedes albopictus, continue de coloniser la Dordogne avec efficacité. Sa « progression se poursuit » et elle est jugée « inévitable ».
Redoutable vecteur de virus
Implanté depuis 2015, ce nuisible ailé a désormais infesté 139 communes sur les 503 du département. Rien qu’en 2025, 18 nouvelles localités ont vu l’insecte s’implanter durablement. Plus qu’une simple nuisance cutanée, le « tigre » agit comme un redoutable vecteur de virus. En 2025, la commune de Bergerac a recensé 103 cas autochtones de chikungunya. Ce foyer de transmission, le deuxième plus important de France après Antibes, illustre la rapidité avec laquelle l’insecte peut propager une arbovirose après avoir piqué une personne infectée. En 2025, Bergerac a été le deuxième foyer de transmission du chikungunya le plus important de France.
La chasse aux « gîtes larvaires »
Face à cette prolifération, l’Agence régionale de santé (ARS) déploie l’artillerie lourde en Périgord. Entre avril et novembre, période d’activité intense pour l’insecte, un réseau de 77 pièges pondoirs a été installé dans des zones encore non colonisées pour guetter la moindre ponte. Pour 2026, la stratégie affichée est une mobilisation accrue. Des formations pour les référents communaux et les établissements de santé sont dispensées, et même renforcées, pour affiner la surveillance entomologique. Mais le meilleur rempart reste l’action citoyenne : pour briser le cycle de reproduction, il est impératif de supprimer les « gîtes larvaires » — ces eaux stagnantes où les larves se développent — afin de réduire la densité de ce visiteur indésirable. Il est également possible à tous de prendre part au dispositif de veille citoyenne via la plateforme signalement-moustique.anses.fr. En Dordogne, la chasse au moustique tigre est ouverte jusqu’au 30 novembre.
Colonisées en 2025
Voici les 18 communes du Périgord que le moustique tigre a colonisées en 2025, selon l’ARS : Busserolles, Champagne-et-Fontaine, Cornille, Gardonne, Grignols, Lamothe-Montravel, Le Fleix, Montrem, Saint-Léon-sur-l’Isle, Saint-Martin-de-Ribérac, Saint-Pierre-d’Eyraud, Saint-Saud-Lacoussière, Sainte-Nathalène, Sarliac-sur-l’Isle, Savignac-les-Églises, Siorac-de-Ribérac, Verteillac et Villetoureix.



