Une tribune publiée dans Le Monde le 7 août 2026 remet en cause une idée reçue : la taille d'une maternité ne détermine pas mécaniquement la mortalité infantile. Les auteurs, un collectif de professionnels de santé, appellent à une analyse plus nuancée des facteurs de risque périnatal.
Une remise en cause des idées reçues
Dans leur tribune, les signataires affirment que « personne n'a soutenu que la taille d'une maternité détermine mécaniquement la mortalité infantile ». Cette précision intervient alors que des débats récurrents opposent partisans de la concentration des naissances dans de grandes structures et défenseurs des petites maternités de proximité.
Les auteurs soulignent que la mortalité infantile est un phénomène multifactoriel, influencé par des éléments comme la prématurité, les malformations congénitales, les conditions socio-économiques des mères, ou encore l'accès aux soins prénatals. Selon eux, réduire le débat à la seule taille de l'établissement serait une « simplification trompeuse ».
Des données à interpréter avec prudence
Les statistiques montrent que la mortalité infantile en France est d'environ 3,8 décès pour 1 000 naissances vivantes, un chiffre stable ces dernières années. Cependant, les variations entre établissements sont importantes, et les auteurs estiment que ces écarts s'expliquent davantage par la pathologie des patientes que par la taille de la structure.
« Les maternités de petite taille accueillent souvent des grossesses à bas risque, tandis que les grandes maternités reçoivent les cas les plus complexes », expliquent-ils. Cette répartition des rôles, si elle est bien organisée, permettrait de maintenir une qualité de soins équivalente partout.
Un appel à une évaluation globale
Le collectif appelle à une évaluation globale des réseaux de périnatalité, prenant en compte la coordination entre les maternités, les transferts in utero, et la formation des équipes. Ils plaident pour que les décisions d'ouverture ou de fermeture de maternités soient fondées sur des critères médicaux et démographiques précis, et non sur des considérations idéologiques.
Cette tribune s'inscrit dans un contexte de fermetures de petites maternités en France, qui suscitent l'inquiétude des élus locaux et des populations. Les auteurs espèrent ainsi éclairer le débat public et éviter des décisions hâtives qui pourraient dégrader l'accès aux soins.
Des réactions contrastées
Les réactions à cette tribune sont contrastées. Certains professionnels saluent une « approche pragmatique », tandis que d'autres, comme l'association de défense des maternités de proximité, estiment que le sujet mérite une enquête approfondie. Le ministère de la Santé, interrogé, n'a pas encore réagi.
En attendant, le débat reste ouvert, et cette tribune apporte une contribution importante à la réflexion sur l'avenir de la périnatalité en France.



