Le théâtre Alexandre III de Cannes devient théâtre Philippe Bouvard
Théâtre Alexandre III devient théâtre Philippe Bouvard

Le théâtre Alexandre III, situé sur le boulevard éponyme à Cannes, va très prochainement changer de nom pour prendre celui du journaliste et animateur radio Philippe Bouvard, décédé fin août à l'âge de 96 ans. Une décision votée à l'unanimité lors du conseil municipal de ce lundi 28 septembre 2026.

Un hommage appuyé à une figure locale

« Il était fou de Cannes, c'était devenu sa vie », a confirmé le maire David Lisnard lors du conseil municipal. Philippe Bouvard vivait sur les hauteurs de Cannes, avec Colette, son épouse depuis plus de 70 ans. Passionné de jeux d'argent et d'écriture, il était un fervent partisan du maire David Lisnard et était devenu un soutien officiel pour sa candidature à la prochaine élection présidentielle.

En novembre 2024, le fondateur du parti Nouvelle Énergie avait par ailleurs contribué à organiser sa dernière sortie publique. C'était en décembre 2024 au théâtre Croisette, à l'occasion de la projection du documentaire Les milles et une vie de Philippe Bouvard. Très affaibli dans son fauteuil roulant, Philippe Bouvard y avait été ovationné comme jamais, confiant à l'assistance : « À 8 ans, je voulais vivre à Cannes, et ne pas mourir ailleurs. »

Une carrière marquante à la radio et à la télévision

L'homme était entré au Figaro comme coursier au service photographique, avant de gravir les échelons et de devenir journaliste, éditorialiste et chroniqueur. C'est lui qui créa, en 1977, Les Grosses têtes sur RTL, qu'il anima pendant 37 ans (en 1996, il fut condamné pour provocation à la haine raciale à la suite d'une devinette posée lors de l'émission). À la télévision, Le Petit théâtre de Bouvard révéla toute une génération d'humoristes et de comédiens.

Philippe Bouvard vivait sur les hauteurs de Cannes, comme en témoigne une photo d'archives de Patrice Lapoirie pour Nice-Matin.

Une place nommée Susan Travers

En ce qui concerne la place située à l'extrémité de l'avenue Maréchal-Koenig et à proximité de la stèle des fusillés de la villa Montfleury, elle prendra très prochainement le nom de Susan Mary Gillian Travers – la délibération a été votée, elle aussi, à l'unanimité au conseil municipal -, décorée de la Croix de guerre, de la Médaille militaire et de la Légion d'honneur. « Une femme héroïque qui avait un lien avec Cannes », explique le maire.

Née à Londres le 23 septembre 1909, fille d'un officier de la Royal Navy, elle passe une partie de sa jeunesse à Cannes, d'abord au Suquet, puis dans une villa proche d'Isola Bella. Elle rejoint, à la déclaration de guerre, la Croix-Rouge française, s'engage le 28 août 1940 dans les Forces françaises, devient la conductrice du général Koenig, participe à la bataille de Bir Hakeim… Le rond-point sera très certainement nommé en son honneur le jour de sa mort, le 18 décembre 2003.

Un parking Woolfield en hommage à un bâtisseur

Enfin, dernière dénomination de ce conseil municipal de rentrée : l'aire de stationnement située en bas du chemin de la Nadine prendra le nom de « parking Woolfield ». Un hommage à Sir Thomas Robinson Woolfied, l'un des artisans de la transformation de Cannes au XIXe siècle, Britannique établi à Cannes à partir de 1838. Il fit édifier le château du Riou (des Tours), la résidence du parc Vallombrosa, la Christ Church, ainsi que la villa Victoria, demeure emblématique de l'ancien quartier anglais.

Dans le jardin de cette propriété fut d'ailleurs aménagé, en 1874, le premier court de tennis de Cannes et, à cette occasion, des ouvriers mirent à jour de nombreux ossements humains. Des militaires morts à Cannes entre 1794 et 1804 : la commune abritait alors, sur un axe emprunté par les troupes qui rejoignaient notamment l'armée d'Italie, un hôpital militaire où étaient conduits des soldats épuisés, malades ou blessés. Woolfield fit alors réunir les restes et aménager deux caveaux funéraires près de la plage, à proximité de l'endroit où le chemin de la Nadine rejoint aujourd'hui le boulevard du Midi - « un geste qu'on a trouvé fort » -, qui furent malheureusement détruits lors de la construction de la voie ferrée.

Alors qu'il fut un temps où le chemin de la Nadine s'appelait « passage Woolfield », la Ville a décidé de restituer son nom à son territoire d'origine, sans modifier l'adressage. Une plaque qui retrace son histoire sera également installée, tout comme pour Susan Travers.