Loi fin de vie adoptée : "Un cadeau pour les malades"
Loi fin de vie adoptée : un cadeau pour les malades

L'Assemblée nationale a adopté définitivement, ce vendredi 15 juillet, la loi sur la fin de vie. Un texte historique qui ouvre la voie à une aide active à mourir pour les patients en phase terminale. Pour les associations de malades, c'est une victoire. « C'est un cadeau pour nous, malades et nos proches », se réjouit le Dr. Claire Fourcade, présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP).

Un long parcours législatif

Le texte a été adopté par 331 voix pour et 115 contre. Il prévoit que les patients atteints d'une maladie incurable et en phase avancée puissent demander une sédation profonde et continue jusqu'au décès, ainsi qu'un accès élargi aux soins palliatifs. La loi précise que le patient doit être informé de son état et que la demande doit être réitérée à plusieurs reprises.

Le débat a été intense, avec des oppositions de la part de certains députés et de représentants religieux. Cependant, la majorité présidentielle et une partie de la gauche ont soutenu le texte. « C'est une loi de liberté et de dignité », a déclaré la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon.

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Réactions des associations

L'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) a salué une « avancée historique ». « C'est un soulagement pour tous ceux qui se battent depuis des années pour que la fin de vie soit respectée », a déclaré son président, Jean-Luc Romero. De son côté, la SFAP a insisté sur l'importance des soins palliatifs. « Cette loi ne se résume pas à l'aide active à mourir ; elle renforce aussi les soins palliatifs, ce qui est essentiel », a souligné le Dr. Fourcade.

Selon un sondage Ifop réalisé en juin, 89% des Français se disent favorables à une loi sur la fin de vie. Le texte prévoit également un congé de proche aidant et un meilleur accompagnement psychologique.

Impact concret

La loi devrait entrer en vigueur dans les prochains mois. Concrètement, les patients pourront formuler une demande écrite, qui sera examinée par une équipe médicale pluridisciplinaire. Si elle est acceptée, la sédation sera administrée. Les soins palliatifs seront également renforcés, avec un objectif de 100% de couverture du territoire d'ici 2025.

« C'est un changement de paradigme », estime le Pr. Régis Aubry, membre du Comité consultatif national d'éthique. « Pour la première fois, la loi reconnaît la possibilité d'une mort provoquée dans des conditions strictes. »

Les opposants, notamment les associations pro-vie, dénoncent une « dérive euthanasique ». Mais pour les malades, c'est une avancée. « Enfin, on nous écoute », témoigne Marie, 58 ans, atteinte d'un cancer en phase terminale. « Je veux pouvoir choisir ma fin de vie, sans souffrance. »

La loi prévoit un réexamen dans trois ans pour évaluer son application et ses éventuels ajustements.

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