Les sapeurs-pompiers de l’Hérault ont manifesté leur colère mercredi 2 juillet 2026 en se rendant en délégation à l’Agence Régionale de Santé (ARS) à Montpellier. Ils dénoncent une surutilisation de leurs moyens par le centre de régulation 15 du Samu, qui les sollicite pour des interventions ne relevant pas des urgences vitales.
Des sollicitations jugées abusives
Les syndicats de pompiers, représentés par David Payant (SNSPP-PATS 34) et Gautier Néolas (SA SPP-PATS-34), estiment que la régulation médicale opérée depuis le Centre départemental des appels d’urgence (CDAU) de Vailhauquès mobilise trop souvent les véhicules de secours et d’assistance (VSAV) par automatisme ou prudence excessive. « Ce choix protège parfois une décision individuelle. Il fragilise en revanche un dispositif collectif », écrivent-ils.
Risque pour les urgences vitales
Les pompiers craignent que cette surutilisation ne compromette leur capacité à répondre aux urgences graves. « À force de considérer les VSAV comme toujours disponibles, on finit par oublier qu’un équipage déjà engagé ne pourra peut-être pas répondre au prochain arrêt cardiaque, au prochain accident grave », alertent les syndicats. Les véhicules sont régulièrement immobilisés aux urgences du CHU et de l’hôpital de Béziers, parfois plusieurs heures, ce qui oblige la régulation à faire appel à des ambulances plus éloignées, augmentant le temps d’attente pour les patients.
Des demandes concrètes à l’ARS
Les représentants ont soumis plusieurs demandes à Cédric Laperteaux, nouveau directeur départemental de l’ARS : analyser la pertinence des engagements des VSAV, harmoniser les pratiques de régulation, réduire les délais d’attente dans les hôpitaux, et favoriser une mobilisation plus équilibrée des établissements publics et privés. « Redonner toute sa place au dialogue entre les acteurs du secours d’urgence » est également réclamé.
Une situation préoccupante avant l’été
Cette situation, qui dure depuis des années, devient critique avec l’arrivée de l’été et un contexte caniculaire. L’afflux de population et la multiplication des risques (incendies, accidents, noyades) mettent sous pression le SDIS 34. « Les effectifs actuels ne suffisent plus à absorber durablement notre activité », constatent les pompiers, soutenus récemment par la préfecture lors d’une réunion.



