Un citoyen franco-argentin, désormais isolé avec sa famille en Espagne, a été testé positif à l'hantavirus souche Andes après avoir transité par la France en juillet, notamment en Normandie, en Nouvelle-Aquitaine et en Île-de-France. Les autorités sanitaires françaises, qui ont annoncé le cas jeudi 6 août, estiment le risque de transmission « faible » et recommandent un isolement à domicile pour les personnes ayant eu un contact étroit avec le patient.
Un cas sans lien avec l'épisode du MV Hondius
Ce nouveau cas, révélé par le ministère français de la Santé, est a priori sans lien avec la crise du navire MV Hondius survenue au printemps. La seule patiente française contaminée lors de cet épisode est d'ailleurs sortie du service de réanimation où elle avait été admise en mai, et a été transférée dans un centre de convalescence à Paris, selon le ministère.
Le patient franco-argentin, habituellement domicilié en Argentine, a présenté des symptômes « très légers » et n'en montre plus actuellement. Il a été détecté lors d'un dépistage « systématique », grâce à la sensibilisation des médecins depuis l'épisode du MV Hondius. Le résultat confirmant la souche Andes n'a été connu que jeudi, après son départ pour l'Espagne.
Mesures de précaution et isolement recommandé
Vendredi 7 août, les autorités sanitaires françaises ont recommandé un isolement à domicile pour les personnes ayant été en contact étroit avec le touriste, rappelant que le risque de transmission est jugé « faible ». « Compte tenu du caractère peu marqué et non grave des symptômes ainsi que de la très faible charge virale observée, les experts de l'ANRS-MIE et Santé publique France recommandent un isolement à domicile des personnes contacts, notamment les plus proches », a indiqué le ministère dans un communiqué.
Le ministère espagnol de la Santé a confirmé que l'homme allait « bien » et était isolé en Galice (nord-est). Les autorités espagnoles mettent en œuvre les protocoles et tracent les éventuels cas contact.
L'hantavirus, une infection grave mais rare
L'hantavirus, initialement transmis à l'humain par les rongeurs, peut causer de graves problèmes pulmonaires et être mortel dans 30 à 40 % des cas. La souche Andes est la seule transmissible entre humains. Il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique.
En France, plusieurs dizaines de cas, voire centaines, sont recensés chaque année, mais il s'agit de souches différentes de celle des Andes, moins graves et issues d'une infection directe par un animal. Le nouveau cas est « extrêmement rassurant sur le point de la transmission, c'est une situation tout à fait différente de la croisière », selon Nathan Peiffer-Smadja, professeur infectiologue à l'Hôpital Bichat (AP-HP).
Bilan de l'épisode MV Hondius
L'épisode du MV Hondius a été clos début juillet par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), avec 13 cas associés, dont trois mortels. Aucun cas n'a été recensé depuis le 25 mai. Ces 13 cas ne représentent qu'une poignée par rapport aux dizaines de milliers d'infections à l'hantavirus recensées chaque année dans le monde.



