Hantavirus : pas de traitement, les patients sous surveillance
Hantavirus : prise en charge sans traitement spécifique

Cinq ressortissants français, identifiés comme cas contacts, ont été rapatriés du navire MV Hondius, où un foyer de contamination au hantavirus a été détecté depuis plusieurs semaines. Parmi eux, quatre personnes présentent des tests négatifs, mais sont placées en isolement strict à l'hôpital Bichat, à Paris. Une cinquième patiente, une femme, se trouve en réanimation dans un état stable, a confirmé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, lundi.

État de santé dégradé pour une patiente

Dans la nuit de dimanche à lundi, l'état de santé de cette patiente s'est « malheureusement dégradé », et les tests sont revenus positifs à la souche rare du hantavirus dite « des Andes », la seule forme transmissible entre humains. Le virus a déjà causé le décès de trois passagers à bord du bateau, qui reliait Ushuaia, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert.

Absence de traitement homologué

« À ce jour, il n'existe pas de traitement homologué ni de traitement prophylactique disponible en cas d'infection par le hantavirus des Andes », explique le professeur Antoine Flahault, épidémiologiste et professeur de santé publique à l'université Paris Cité. Certains antiviraux, qualifiés de « candidats prometteurs », pourraient être testés dans les semaines à venir « lorsque le besoin s'en fera sentir », précise-t-il. La ribavirine, un antiviral utilisé contre l'hépatite C, a déjà été prescrite, mais avec des résultats « qui semblent un peu décevants », ajoute le spécialiste.

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Prise en charge des symptômes

Les médecins ne peuvent donc agir que sur les symptômes du virus, qui varient selon les souches. En Europe et en Asie, les hantavirus provoquent des fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR). Sur le continent américain, notamment en Amérique du Sud, le virus peut entraîner un syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (SCPH), avec un taux de létalité pouvant atteindre 60 %. « La prise en charge repose sur une surveillance clinique étroite et le traitement des complications respiratoires, cardiaques et rénales », indique l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur son site Internet.

Les patients positifs peuvent ressentir de la fièvre et des douleurs musculaires. Du paracétamol et du repos peuvent atténuer ces symptômes dans les cas les moins graves. Cependant, « les symptômes de l'infection par le virus des Andes peuvent conduire à une détresse respiratoire aiguë très grave, nécessitant des soins intensifs en milieu spécialisé », souligne Antoine Flahault.

Techniques de réanimation avancées

Pour aider les patients en phase critique, le professeur évoque des méthodes de réanimation et de soins intensifs, « parfois hautement technologiques », comme l'ECMO (circulation cardiaque extracorporelle). Cette technique, longtemps utilisée pour les opérations à cœur ouvert, permet de détourner la circulation sanguine grâce à une machine qui joue le rôle de pompe cardiaque et d'oxygénateur pulmonaire. En 2009, elle avait été employée sur des patients atteints de la grippe A (H1N1) présentant un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). « Ces méthodes de réanimation permettent au patient de passer un cap difficile », appuie Antoine Flahault.

Lutte contre la diffusion du virus

Face à ce virus « d'une extrême dangerosité », provenant des rongeurs, la priorité reste de lutter contre sa diffusion, assure l'épidémiologiste. En France, les règles d'isolement ont été renforcées avec l'annonce d'une « quarantaine renforcée en milieu hospitalier » pour tous les cas contacts, « sans exception ».

Actuellement, vingt-deux Français ont été identifiés comme cas contacts et sont hospitalisés ou en cours d'hospitalisation, selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Huit d'entre eux font partie des passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg, qui ont voyagé avec une croisiériste néerlandaise décédée depuis. Les quatorze autres étaient à bord du vol Johannesburg-Amsterdam du même jour, où la croisiériste était brièvement montée à bord.

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Pour ces contacts à risque, l'isolement en milieu hospitalier sécurisé « a aussi pour objectif de faciliter un accès rapide à une infrastructure de soins capable de prendre en charge d'éventuelles infections symptomatiques », souligne Antoine Flahault.