Grippe : la HAS recommande l'obligation vaccinale pour les soignants
Grippe : la HAS recommande l'obligation vaccinale pour les soignants

La Haute Autorité de santé (HAS) a rendu un avis ce mercredi 20 juillet 2022, recommandant de rendre obligatoire la vaccination contre la grippe pour l'ensemble des professionnels de santé. Cette mesure vise à protéger les patients les plus fragiles, notamment ceux atteints de maladies chroniques, les personnes âgées et les immunodéprimés. Selon la HAS, le taux de couverture vaccinale parmi les soignants reste insuffisant, oscillant entre 25 % et 40 % selon les années, ce qui expose les patients à des risques évitables.

Un constat alarmant sur la couverture vaccinale

La HAS souligne que chaque année, la grippe saisonnière est responsable de 10 000 à 15 000 décès en France, dont une part significative survient chez des patients hospitalisés. Les professionnels de santé, en contact direct avec des personnes vulnérables, constituent un vecteur potentiel de transmission. Malgré les recommandations existantes, le taux de vaccination chez les soignants stagne à des niveaux bas, bien en deçà de l'objectif de 75 % fixé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les arguments de la HAS en faveur de l'obligation

Dans son avis, la HAS estime que l'obligation vaccinale est la mesure la plus efficace pour atteindre une couverture suffisante. Elle s'appuie sur l'exemple de la vaccination contre l'hépatite B, rendue obligatoire pour les soignants en 1991, qui a permis d'atteindre des taux de couverture supérieurs à 90 %. La HAS précise que cette obligation devrait s'appliquer à tous les professionnels exerçant en établissements de santé, médico-sociaux et libéraux, ainsi qu'aux étudiants en santé. L'instance recommande également de mettre en place des sanctions en cas de non-respect, allant de la suspension d'activité à des pénalités financières.

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Des réactions contrastées parmi les soignants

Cette recommandation suscite des réactions mitigées dans le milieu médical. Le Dr. Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, a déclaré : "Nous comprenons l'objectif de protéger les patients, mais l'obligation vaccinale pose un problème éthique et pratique. Il faut d'abord améliorer la communication et lever les réticences." À l'inverse, le Collectif inter-hôpitaux a salué cette décision, estimant qu'il s'agit d'une "mesure de santé publique indispensable".

Prochaines étapes : vers une saisine du gouvernement

L'avis de la HAS n'a pas de caractère contraignant. Il appartient désormais au gouvernement de se saisir de cette recommandation pour la traduire en texte de loi. Le ministère de la Santé a indiqué qu'il étudiait l'avis avec attention et qu'une concertation avec les représentants des professionnels de santé serait engagée dans les prochaines semaines. Si l'obligation était adoptée, elle pourrait entrer en vigueur dès la saison grippale 2023-2024.

Un enjeu de santé publique majeur

La HAS rappelle que la grippe est une maladie grave, responsable de 2 à 6 millions de cas chaque année en France, dont 10 % nécessitent une hospitalisation. Les professionnels de santé, en raison de leur exposition, ont un risque accru de contracter et de transmettre le virus. L'obligation vaccinale vise à briser cette chaîne de transmission et à réduire la mortalité évitable. Selon une étude de l'Institut Pasteur, une couverture vaccinale de 80 % chez les soignants permettrait de réduire de 30 % les cas de grippe nosocomiale.

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