Le Groupe hospitalier nord Essonne (GHNE) connaît une situation financière préoccupante, selon un récent rapport de la chambre régionale des comptes (CRC). Malgré l'ouverture du nouvel hôpital Paris-Saclay, les comptes restent dans le rouge, avec un déficit qui s'est creusé. La CRC recommande notamment de réfléchir à l'avenir du site de Longjumeau.
Un déficit qui se creuse
Le rapport de la CRC indique que le déficit du GHNE est passé de 3 millions d'euros en 2021 à 11,7 millions en 2022. En 2023, un léger rebond a été observé, mais il est principalement dû à des dotations de l'Agence régionale de santé (ARS) et non à une amélioration de l'activité. La fermeture annoncée de l'hôpital de Longjumeau devait permettre une économie de 43 millions d'euros par an, mais cette décision a été abandonnée après la crise sanitaire, transformant le site en hôpital de proximité. Selon la CRC, ce maintien a aggravé le déficit de 2 millions d'euros supplémentaires.
La direction conteste
Le directeur général du GHNE, Cédric Lussiez, conteste les conclusions de la CRC. Il affirme que le maintien d'un hôpital de proximité à Longjumeau n'est pas la cause du déficit, mais a permis de conserver des activités essentielles comme les urgences, la médecine, la rééducation, la diabétologie, la pneumologie, les consultations de maternité et les soins palliatifs. Selon lui, ces activités sont financées et équilibrées. Il attribue l'augmentation des charges aux mesures post-Covid et à la hausse des coûts des matières premières, un phénomène qui touche tous les hôpitaux publics.
Des perspectives encourageantes
Le directeur reconnaît un déficit de 14 millions d'euros en 2025, mais il se montre confiant pour l'avenir. Il souligne que le déficit est en forte baisse depuis l'ouverture de l'hôpital Paris-Saclay et prévoit une nette amélioration en 2026. Il s'appuie sur le regain d'activité de l'hôpital Paris-Saclay, qui a enregistré une hausse de plus de 12 % au premier trimestre 2026. La CRC elle-même note que, malgré la fermeture du site de Juvisy et le déménagement de services de Longjumeau, l'activité s'est redressée. Les premières données 2024 et 2025 montrent un impact positif du nouvel équipement sur l'activité du GHNE.
Le CHSE aussi dans le rouge
Le centre hospitalier Sud-Essonne (CHSE), issu de la fusion des hôpitaux de Dourdan et d'Étampes, est également en difficulté. La CRC juge sa situation critique, avec plus de 30 millions d'euros de déficits accumulés entre 2018 et 2024. Sa capacité d'autofinancement est insuffisante pour rembourser sa dette. Pour y remédier, la direction a présenté début 2026 quatre priorités stratégiques : renforcer et diversifier les outils de prise en charge (notamment les nouvelles urgences d'Étampes et le renouvellement de l'IRM), améliorer la lisibilité des filières de soins, fluidifier les parcours patients, et renforcer l'attractivité et la fidélisation des professionnels. Ces priorités structureront le futur projet d'établissement 2026-2031.



