Le gouvernement de gauche espagnol a annoncé ce mardi 21 juillet 2026 son intention d'interdire de fumer et de vapoter en terrasse et sur les plages, dans le cadre d'un projet de loi qui devra être soumis au vote du Parlement. L'exécutif dirigé par Pedro Sánchez ne dispose pas de majorité parlementaire, ce qui rend l'adoption du texte incertaine.
Un projet de loi ambitieux pour la santé publique
L'interdiction concernerait « les terrasses dans l'hôtellerie et la restauration » ainsi que « les abribus, les quais, les campus universitaires, les installations sportives, les piscines, les plages », a détaillé Mónica García, la ministre de la Santé, lors de la conférence de presse suivant le Conseil des ministres. De telles restrictions existent déjà ponctuellement à l'initiative des autorités locales ou régionales, compétentes en matière de santé dans ce pays très décentralisé.
Le projet de loi vise également à interdire la consommation de tabac aux mineurs, ainsi qu'à proscrire toute publicité en faveur du tabac et des vapoteuses, dont la vente serait très limitée. « Nous entendons avec cette loi continuer à marquer un avant et un après dans la protection de la santé publique », a fait valoir Mónica García, rappelant que le tabagisme faisait « 50 000 morts par an » en Espagne et constituait un facteur de risque « dans 30 % des cancers ». L'objectif « clair » de l'exécutif est d'« avancer vers une génération sans tabac » et que « dans les espaces partagés, respirer un air pur soit la norme », a soutenu la ministre.
Un contexte de forte consommation de tabac
Environ 26 % de la population adulte espagnole fume de façon quotidienne, selon le dernier rapport des autorités sanitaires sur le sujet, datant de 2024. Malgré une baisse significative, le nombre de fumeurs reste élevé. Une loi entrée en vigueur en 2011 avait déjà interdit de fumer dans tous les lieux publics fermés, y compris les bars, restaurants, cafés, discothèques et casinos. Le nouveau projet de loi étend ces restrictions aux espaces extérieurs partagés.
Une opposition prévisible du secteur de l'hôtellerie-restauration
Le texte devrait se heurter à une forte résistance du secteur de l'hôtellerie et de la restauration, un acteur économique majeur dans un pays qui est la deuxième destination touristique mondiale. Les repas en extérieur sont très prisés, notamment pendant les étés de plus en plus étouffants. Le projet de loi doit désormais arriver au Parlement pour son examen, sans garantie que les députés le votent, en l'absence de majorité pour le gouvernement.



