Déserts médicaux : la situation ne s'améliorera pas avant 2035
Déserts médicaux : pas d'amélioration avant 2035

Lors d'un échange sur le plateau de 20 Minutes TV, Noham Huclin a reçu Nathalie Coutinet, économiste à l'université Sorbonne Paris Nord, pour décrypter la crise des déserts médicaux. Selon l'experte, cette situation résulte d'une « très mauvaise anticipation » des politiques publiques : « Plus la population augmente, nécessairement plus il faut de médecins, on a aussi une population qui vieillit ». Le nombre de médecins formés dans les années 90 s'avère « très insuffisant » face aux départs massifs à la retraite.

D'après Nathalie Coutinet, « d'ici 2035, la situation ne va pas s'améliorer. Elle pourrait même se dégrader ». L'économiste explique qu'il faut désormais « 2,5 jeunes médecins pour remplacer un médecin qui part », car les nouveaux praticiens « ne veulent pas travailler comme les anciens » et privilégient l'équilibre vie professionnelle-vie privée.

Une pénurie structurelle aggravée par les départs à la retraite

La France compte actuellement environ 3,5 médecins pour 1 000 habitants, mais avec le vieillissement de la population et les besoins croissants, ce ratio est amené à diminuer. Les projections montrent que d'ici 2030, près d'un tiers des médecins généralistes auront atteint l'âge de la retraite, sans que les nouvelles générations ne suffisent à les remplacer. Cette tendance est particulièrement marquée dans les zones rurales et certaines banlieues défavorisées.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Face à cette pénurie nationale, l'experte préconise des mesures contraignantes, à l'image d'autres professions : « Il va sans doute falloir contraindre un petit peu l'installation médicale ». Elle souligne également l'existence d'une « double inégalité » : territoriale et financière, particulièrement marquée dans les zones urbaines défavorisées comme la Seine-Saint-Denis. Dans ce département, la densité médicale est inférieure de 40 % à la moyenne nationale, et les patients doivent souvent attendre plusieurs mois pour un rendez-vous.

Les solutions envisagées : entre incitations et contraintes

Plusieurs pistes sont explorées pour endiguer la crise. Parmi elles, la généralisation du numerus clausus (remplacé par le numerus apertus) vise à former davantage de médecins, mais les effets ne se feront sentir qu'à long terme. D'autres pays, comme l'Allemagne, ont mis en place des obligations de service public pour les jeunes médecins. En France, des expérimentations locales de « contrats d'engagement » voient le jour, sans pour autant inverser la tendance.

L'émission « On vous en dit + », diffusée tous les jeudis à 18h30 sur le canal 32 de la TNT en Île-de-France et disponible sur les box (Free : 910, Orange : 349, Bouygues : 300, SFR : 461) et sur www.20minutes.tv, propose des reportages immersifs sur les enjeux de société. Ce décryptage de la crise des déserts médicaux illustre les défis auxquels la France doit faire face pour garantir un accès équitable aux soins.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale