Le ministère de la Santé envisage une dissolution historique de l'Ordre parisien
Le ministère de la Santé a officiellement demandé à l'Ordre national des médecins d'examiner la possibilité de dissoudre le Conseil départemental de Paris (CDOM 75). Cette demande fait suite à la publication d'un rapport accablant de l'Inspection générale des finances qui a révélé des irrégularités financières et disciplinaires graves au sein de l'institution parisienne.
Une demande ministérielle formelle
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a formellement demandé à l'Ordre national « de vérifier si les conditions pouvant conduire à la dissolution du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris (CDOM 75) sont remplies ». Le ministère précise que l'Ordre national devra ensuite proposer, le cas échéant, au directeur général de l'ARS Île-de-France de se prononcer sur cette dissolution potentielle.
Des irrégularités financières préoccupantes
La mission d'inspection menée en septembre et octobre 2025 a mis en lumière plusieurs dysfonctionnements majeurs dans la gestion financière de l'Ordre parisien. Parmi les problèmes identifiés :
- Des indemnités et défraiements insuffisamment justifiés
- Des dépenses élevées et insuffisamment contrôlées
- Une faiblesse du pilotage territorial des ressources et du patrimoine
- Des manquements aux règles de la commande publique
Des défaillances disciplinaires graves
Le rapport pointe également « des défaillances majeures dans l'exercice des missions disciplinaires ». Selon le ministère, « des signalements et des condamnations pénales, y compris pour des faits d'une particulière gravité, n'ont pas fait l'objet de suites appropriées ou ont été traités avec des délais incompatibles avec les exigences de protection des patients et des praticiens ».
Signalement au procureur de la République
Le ministère révèle que l'Inspection générale des finances a procédé à un signalement au procureur de la République de Paris concernant non seulement l'Ordre des médecins de Paris, mais également ceux des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes dans la capitale. Ces trois ordres sont mis en cause pour des problèmes similaires de gestion et de discipline.
Un plan d'action ministériel ambitieux
Face à ces dysfonctionnements, le ministère annonce le lancement d'un « plan d'action structurant » sous l'égide de l'Inspection générale des affaires sociales. L'objectif est double : corriger rapidement les problèmes constatés et refonder durablement le cadre d'intervention des ordres professionnels.
Des mesures concrètes attendues rapidement
Le ministère précise que « des premières mesures concrètes sont attendues dès le mois de mai pour les ordres ayant fait l'objet d'une inspection, avec des résultats tangibles et vérifiables ». Cette exigence de transparence et d'efficacité immédiate témoigne de la gravité de la situation.
Les réactions de l'Ordre national
Dans un entretien récent, le président de l'Ordre des médecins Stéphane Oustric avait indiqué que l'Ordre national avait déjà pris des mesures proactives. Ces initiatives comprennent une mission d'inspection interne de l'Ordre parisien, un audit externe des relations humaines, un audit externe financier, et un renforcement du commissaire aux comptes.
Cette affaire représente un tournant majeur dans la gouvernance des ordres professionnels de santé en France, avec des implications potentielles importantes pour la protection des patients et l'éthique médicale dans la capitale.



