La cocaïne n'est plus une drogue d'exception en France. Selon le dernier rapport de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), le nombre de consommateurs réguliers a triplé en dix ans, atteignant désormais 600 000 personnes. « On est passé d'un usage d'exception à une habitude », explique le docteur Jean-Michel Delile, président de la Fédération Addiction.
Une hausse spectaculaire
Les chiffres sont sans appel : 11 % des adultes français déclarent avoir déjà expérimenté la cocaïne, contre 5 % en 2010. La consommation mensuelle concerne 1,6 % de la population, soit plus d'un million de personnes. Les jeunes adultes (18-34 ans) sont particulièrement touchés, avec 4 % d'usagers mensuels. « La cocaïne est devenue accessible et banalisée », souligne le rapport.
Un profil de consommateurs qui évolue
Fini l'image du cadre stressé ou de l'artiste bohème. Aujourd'hui, la cocaïne touche toutes les catégories socioprofessionnelles. Les ouvriers et employés représentent 40 % des usagers réguliers. Les soirées entre amis, les festivals ou même les apéritifs entre collègues sont des occasions de consommation. « C'est devenu un produit festif comme l'alcool », déplore le professeur Amine Benyamina, psychiatre addictologue.
Les conséquences sanitaires et sociales
Cette banalisation a un coût : les hospitalisations liées à la cocaïne ont bondi de 250 % en cinq ans. Les passages aux urgences pour psychose cocainique sont en forte hausse. Sur le plan social, la drogue alimente un marché noir florissant et une violence accrue. « La cocaïne n'est pas un produit inoffensif, rappelle le Dr Delile. Elle peut provoquer des crises cardiaques, des AVC et une dépendance rapide. » Les autorités appellent à une prévention renforcée, notamment auprès des jeunes.



