La Ville de Cannes a acheté un paddle adapté pour sa handiplage, située à Bijou Plage, près du port Canto. Ce nouvel équipement, baptisé « Cachalot 11’6’ », est conçu par l’entreprise québécoise DoSport. Plus large, plus stable et plus facile à manier que les précédents modèles, il permet aux personnes en situation de handicap de pratiquer le paddle dans de meilleures conditions, entièrement gratuitement.
Une innovation venue du Québec
L’aventure commence au Québec, où Pascale Mahé, présidente de l’association Eau delà du paddle, découvre ce modèle adapté lors de sa formation de professeur de paddle. En 2021, elle ramène deux planches en France, puis crée son association un an plus tard. Depuis, elle accompagne deux jours par semaine les familles, membres de centres spécialisés et usagers de la Handiplage cannoise.
Après deux étés de prêt, la ville de Cannes, via son CCAS, a décidé d’acquérir définitivement ce matériel pour un montant de 5 551,50 euros. Une étape importante pour Pascale Mahé : « Il fallait qu’ils achètent le paddle pour que je puisse me libérer et développer le projet dans le reste de la France et en Europe », explique-t-elle.
Un engagement pour l’inclusion
Ce paddle adapté permet également aux personnes en fauteuil roulant de pratiquer l’activité. L’objectif de Pascale Mahé est désormais de multiplier les initiatives. « Moi, ce que je voudrais, c’est qu’il y en ait de partout, sur toutes les handiplages », déclare-t-elle. Pour elle, ce matériel peut être financé par tous ceux qui souhaitent s’engager. « Tout le monde peut acheter un paddle adapté, il suffit d’avoir la volonté de vouloir aider », confie-t-elle.
Derrière ce projet se cache une histoire familiale. Pascale Mahé est maman d’un enfant atteint de diabète de type 1 depuis ses 8 ans, une maladie invisible. « C’est un peu pour lui que je fais cela. Avec des handicaps invisibles, il faut faire du sport et bouger. Il était heureux de faire du paddle », raconte-t-elle.
Une athlète de para surf témoigne
Cynthia Gonzales, athlète de para surf et membre du bureau de l’association, a également été touchée par cet engagement. Elle rencontre Pascale lors d’un événement de parasurf à Carry-le-Rouet, puis participe avec elle au Mondial du vent à Leucate en 2024, où l’association reçoit un prix de l’innovation. Porteuse d’une prothèse, Cynthia découvre grâce à cette planche une nouvelle liberté : « C’est la première fois de ma vie que je fais du paddle debout, à 50 ans. » Grâce à la stabilité du modèle, elle a pu utiliser une prothèse de bain et pagayer debout.
Un équipement permanent
Aujourd’hui, ce paddle devient un équipement permanent de la Handiplage cannoise. Présent les lundis et vendredis, il laisse place au trimaran les mardis et jeudis. Les anciens modèles seront progressivement redéployés dans d’autres structures en France. Pour Pascale Mahé, le message reste le même : « Je veux montrer qu’il n’y a aucune limite à ses rêves. »



