Le 17 juillet 2024, alors que la France suffoquait sous une nouvelle vague de chaleur, Marie, 68 ans, est décédée dans son appartement parisien. Sa fille, Sophie, témoigne : « Sans cette chaleur, ma mère serait toujours là. » Pour elle, le lien entre la canicule et la mort de sa mère est évident, mais il reste souvent invisible dans les statistiques officielles.
Un été meurtrier
Selon un rapport de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publié en septembre 2024, l'été dernier a été marqué par une surmortalité de 2 500 décès par rapport à la moyenne des années précédentes. Les vagues de chaleur, qui ont frappé la France en juin, juillet et août, sont directement pointées du doigt. Les personnes âgées et les plus vulnérables ont été les premières touchées.
Sophie raconte les derniers jours de sa mère : « Elle avait des problèmes cardiaques, mais elle tenait le coup. Puis la canicule est arrivée, et en trois jours, elle a décliné. L'appartement était une fournaise, impossible de la rafraîchir. »
L'urgence d'agir
Face à ces chiffres, les associations de défense des droits des personnes âgées appellent à une meilleure prise en compte des risques liés aux fortes chaleurs. « Il faut anticiper, adapter les logements, créer des îlots de fraîcheur dans les villes », insiste Jean-Pierre, président de l'Union nationale des retraités.
Le gouvernement a annoncé un plan de 100 millions d'euros pour rénover les logements des plus fragiles, mais pour Sophie, c'est trop tard. « Ma mère est morte à cause de cette négligence. On ne peut pas laisser les gens mourir de chaud en 2024. »
Des morts invisibles
Le défi est aussi de rendre visibles ces décès. « Souvent, le certificat de décès mentionne une crise cardiaque ou un AVC, sans lier explicitement à la chaleur », explique le Dr. Lefèvre, épidémiologiste à Santé publique France. « Pourtant, la canicule est un facteur déclencheur majeur. »
Sophie a décidé de témoigner pour que le nom de sa mère ne soit pas oublié. « Je veux que les gens sachent que derrière les chiffres, il y a des vies brisées. Il faut que ça change. »



