Dans une avancée significative pour la santé publique, l'Assemblée nationale a adopté, le 4 juin 2026, un texte législatif visant à renforcer la protection des Français contre le cadmium, un métal lourd toxique. Cette proposition de loi, portée par des députés de divers horizons, va au-delà des mesures initialement proposées par le gouvernement, suscitant un large soutien parmi les élus et les associations environnementales.
Un consensus politique inattendu
Le texte a été adopté par 287 voix contre 152, avec le soutien de la majorité présidentielle et de l'opposition de gauche, tandis que le Rassemblement national s'est abstenu. Cette large approbation reflète une prise de conscience collective des dangers du cadmium, classé comme cancérigène certain par l'Organisation mondiale de la santé. Le député écologiste Julien Bayou, co-rapporteur du texte, a salué "une victoire pour la santé des citoyens et pour l'environnement".
Des mesures plus strictes que prévu
Le texte adopté prévoit notamment :
- Un abaissement des seuils de cadmium dans les engrais phosphatés, passant de 60 mg/kg à 40 mg/kg à partir de 2028, contre 50 mg/kg dans la version gouvernementale.
- L'interdiction progressive des piles au cadmium d'ici 2030, avec des dérogations limitées pour les usages critiques.
- Un renforcement des contrôles sur les denrées alimentaires importées, notamment le riz et les légumes racines, qui peuvent concentrer le métal.
Ces dispositions visent à réduire l'exposition chronique de la population, qui peut entraîner des maladies rénales, osseuses et des cancers. Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), environ 5% des Français présentent des niveaux de cadmium dans le sang supérieurs aux seuils de vigilance.
Réactions et perspectives
Le ministre de la Santé, François Braun, a exprimé des réserves sur le caractère contraignant de certaines mesures, notamment pour les agriculteurs, mais a indiqué que le gouvernement ne s'opposerait pas à la loi. Les associations de défense de l'environnement, comme Générations Futures, ont salué "un pas important mais insuffisant" et appellent à une révision des seuils pour les eaux potables.
Le texte doit maintenant être examiné par le Sénat, où des amendements pourraient être apportés. En attendant, les députés espèrent que cette loi servira de modèle pour une réglementation européenne plus stricte sur le cadmium, alors que l'Union européenne évalue actuellement ses propres limites.



