Les vagues de chaleur qui frappent l’Hexagone chaque été ne sont pas sans conséquence sur la santé des femmes. Une étude récente de l’Inserm, publiée en juillet 2025, met en évidence une augmentation significative des troubles cardiovasculaires chez les femmes pendant les épisodes de canicule. Les bouffées de chaleur, déjà fréquentes à la ménopause, sont également amplifiées par les températures extrêmes, créant un cercle vicieux dangereux.
Bouffées de chaleur exacerbées par la canicule
Les bouffées de chaleur, symptôme courant de la périménopause, touchent environ 75 % des femmes. Avec la hausse des températures, ces épisodes deviennent plus intenses et plus fréquents. « La chaleur extérieure s’ajoute à la dysrégulation thermique interne, ce qui provoque des bouffées plus sévères », explique le Dr. Marie Dupont, cardiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Selon l’étude, les femmes ménopausées sont les plus vulnérables, avec un risque multiplié par deux de subir des bouffées de chaleur invalidantes lors des canicules.
Risques cardiovasculaires accrus
Au-delà de l’inconfort, la canicule pèse directement sur le système cardiovasculaire. L’Inserm rapporte que les hospitalisations pour infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux augmentent de 30 % chez les femmes lors des pics de chaleur, contre 15 % chez les hommes. « Les œstrogènes ont un effet protecteur sur les vaisseaux, mais leur chute à la ménopause expose les femmes à une plus grande sensibilité aux variations de température », précise le Dr. Dupont. La déshydratation et la dilatation des vaisseaux sanguins, aggravées par la chaleur, favorisent la formation de caillots et les troubles du rythme cardiaque.
Mécanismes physiologiques en jeu
Les chercheurs identifient plusieurs mécanismes. D’une part, la chaleur provoque une vasodilatation périphérique, ce qui réduit le retour veineux et oblige le cœur à pomper plus fort. D’autre part, les bouffées de chaleur s’accompagnent d’une augmentation du rythme cardiaque et de la pression artérielle. Chez les femmes déjà à risque, cette double contrainte peut déclencher des événements aigus. L’étude souligne également que les femmes sous traitement hormonal substitutif présentent un risque légèrement inférieur, ce qui confirme le rôle protecteur des œstrogènes.
Conseils pour se protéger
Pour limiter les risques, les autorités sanitaires recommandent aux femmes, surtout après 50 ans, de rester hydratées, de limiter les sorties aux heures les plus chaudes et de porter des vêtements légers. Le Dr. Dupont insiste : « Il est crucial d’adapter son traitement hormonal si nécessaire et de consulter en cas de symptômes inhabituels comme des palpitations ou des douleurs thoraciques. » L’étude de l’Inserm appelle à une meilleure prise en compte du genre dans les politiques de prévention des vagues de chaleur, afin de réduire l’impact sanitaire sur les femmes.



