Ancien dentiste de Lozère jugé pour avoir arraché des dents saines
Ancien dentiste de Lozère jugé pour mutilations dentaires

Un ancien dentiste de Lozère jugé pour des mutilations dentaires

José Pereira Mendes, 61 ans, doit comparaître les 6 et 7 mai devant le tribunal correctionnel de Mende. Il est accusé d'avoir arraché des dents saines et posé des implants injustifiés sur des dizaines de patients, entre 2018 et 2020, dans son cabinet de Badaroux. Il encourt dix ans de prison pour violences ayant entraîné une mutilation, escroquerie et blanchiment. Le préjudice pour la Sécurité sociale est estimé à près de 300 000 euros.

Des pratiques systématiques et lucratives

Selon l'enquête, le dentiste aurait multiplié les actes non justifiés. L'expert médical a relevé de nombreuses mutilations irréversibles, avec un seul but lucratif. Des patients ont subi des extractions massives, comme une femme qui a perdu 16 dents saines. Les soins étaient souvent inachevés, laissant les patients en détresse. Le chiffre d'affaires du cabinet est passé de 200 000 euros en 2018 à 460 000 euros en 2020, dont 150 000 euros retirés en liquide.

Un système à la logique comptable

Me Catherine Szwarcz, avocate de plusieurs parties civiles, dénonce un système méthodique où chaque acte avait un prix. "Le patient n'est plus qu'un chiffre", explique-t-elle. Les dégâts ne sont pas seulement médicaux, mais aussi sociaux et psychologiques. Les patients attendent un jugement qui distingue soin et exploitation.

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Des conditions de travail inquiétantes

D'anciens employés ont rapporté une hygiène défaillante, une consommation d'alcool avant les consultations, et l'emploi de personnel non qualifié comme assistants dentaires. Le dentiste aurait eu pour unique ambition de financer une maison au Mozambique.

La défense conteste les accusations

José Pereira Mendes affirme avoir agi selon sa conscience professionnelle. "Tous les soins étaient justifiés", a-t-il déclaré. Son avocat, Me Komine Bocoum, soutient que la médecine n'est pas une science exacte et que son client a agi de bonne foi. Il réfute les malversations financières, affirmant avoir suivi les protocoles de remboursement.

Un précédent similaire à Marseille

Cette affaire rappelle celle du dentiste Lionel Guedj, condamné en 2023 à huit ans de prison pour avoir mutilé plus de 400 patients à Marseille. Il avait arraché ou dévitalisé 3 900 dents saines pour poser des implants lucratifs, devenant le dentiste le mieux payé de France.

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