Le débat sur l’aide à mourir n’oppose pas les « partisans de la vie » aux autres, comme certains voudraient le faire croire. Il pose une question bien plus profonde : celle de la liberté individuelle, de la dignité humaine et du droit de chacun à choisir les conditions de sa propre fin de vie lorsque la souffrance, physique ou psychologique, devient insupportable et sans issue.
Une inégalité flagrante
Aujourd’hui, ceux qui disposent de moyens financiers peuvent partir en Suisse ou en Belgique pour bénéficier d’une assistance médicalisée à mourir. Les autres restent prisonniers de leur douleur, de leur dépendance ou d’une médecine qui prolonge parfois l’existence sans pouvoir soulager réellement. Cette inégalité est profondément injuste.
Une liberté encadrée et respectueuse
Permettre une aide à mourir strictement encadrée ne signifie pas obliger quiconque à y recourir. Les croyants resteront naturellement libres de refuser cette possibilité au nom de leur foi. Mais dans une République laïque, ils ne peuvent imposer ce choix à l’ensemble des citoyens.
La compassion ne consiste pas uniquement à accompagner la souffrance ; elle consiste aussi, parfois, à respecter la volonté lucide d’une personne qui demande simplement à partir dignement. Cette loi n’enlèverait aucun droit à ceux qui s’y opposent. Elle offrirait en revanche une liberté supplémentaire à ceux qui, en conscience, souhaitent pouvoir choisir leur fin de vie.



