Une renaissance au cœur de la Lozère
Alain et Laurence Roux, originaires de Montpellier, ont insufflé une nouvelle vie à l'ancien hôtel-restaurant Maison Saury, situé au cœur d'Ispagnac. Ce bâtiment chargé d'histoire, dont les traces les plus anciennes remontent à 1650, était à l'abandon depuis une vingtaine d'années. En fouillant les archives départementales, le couple a découvert que le lieu était probablement une auberge dès le XVIIe siècle, voire plus ancien encore, certaines parties des archives diocésaines de Mende étant difficilement lisibles.
Pour Alain Roux, ce projet est une fierté. Avec son épouse Laurence, il s'est lancé il y a deux ans dans la réhabilitation de cet établissement qui a longtemps été géré par la famille de cette dernière sous l'enseigne Maison Saury. Situé dans le vieux centre historique d'Ispagnac, au milieu de la vallée du Tarn, à quelques kilomètres de Quézac, l'endroit était autrefois un relais de poste de la fin du XVIIIe siècle. Au fil des générations, la famille Saury a transformé et développé l'établissement pour l'adapter à son époque, marquant ainsi le paysage local.
Des souvenirs forts et une spécialité culinaire
L'auberge était réputée pour ses pieds de cochon, la spécialité de Fernande, la belle-mère d'Alain. "On venait manger les pieds de cochon de Fernande", se souvient-il avec émotion. Mais l'établissement ne se limitait pas à la restauration : il abritait également le cinéma du village. Dans la grange attenante, une salle de cinéma avait été aménagée après la Seconde Guerre mondiale. Les habitants venaient y découvrir les actualités du moment, à une époque où la télévision n'existait pas encore. Aujourd'hui, la grange est toujours là, avec son écran sur toute la largeur du mur, témoignant de cette époque révolue.
Un gîte d'étape pour randonneurs et cyclistes
Après des années d'inactivité, Alain et Laurence ont décidé de réinvestir les lieux. La rénovation s'est faite par petites touches, étape par étape, jusqu'à redonner vie à l'établissement. Maison Saury est devenu un gîte d'étape et une table d'hôtes. Derrière les vieilles pierres et les murs épais, des chambres ont été aménagées et accueillent des randonneurs et des curieux depuis l'été dernier.
Ispagnac bénéficie d'une position stratégique à la croisée de plusieurs chemins de grande randonnée : le GR 670, chemin Urbain V, qui relie Saint-Flour à Avignon, et le GR 736, qui traverse la vallée du Tarn jusqu'à Albi. La cité lozérienne est également sur le parcours cycliste de la Grande traversée du Massif Central (GTMC), qui va jusqu'à Sète. Cette situation attire de nombreux amateurs de nature et d'authenticité.
Un tourisme rural et durable
Alain Roux souligne l'importance du tourisme rural dans cette région. "Nous bénéficions de l'intérêt retrouvé des gens pour la nature et l'authenticité", explique-t-il. Ispagnac offre un environnement exceptionnel, avec le parc national des Cévennes et l'entrée des gorges du Tarn à proximité. Le couple mise sur un tourisme qualitatif, tourné vers la nature et le circuit court. Pour le restaurant, ils travaillent avec les producteurs et commerçants locaux, comme le boucher-charcutier installé un peu plus bas dans la rue.
Interrogé sur un éventuel retour aux sources, Alain Roux précise qu'il ne s'agit pas d'un simple retour à la campagne : "Nous ne sommes pas des néoruraux qui débarquent de la ville. Nous connaissons les gens d'ici, nous y venons depuis 25 ans." Il ajoute que les rapports humains sont différents, plus authentiques, et que la ruralité n'est pas un désert. Depuis l'été 2025, l'établissement tourne à nouveau, accueillant surtout des randonneurs et des cyclistes, contribuant ainsi à la dynamique touristique locale.



