Le groupe de la gauche-écolo à Nice, composé des écologistes, du PS et du PCF, présentera ce vendredi 5 juin 2026 en conseil municipal un vœu pour créer un bouclier local inédit en faveur de la protection des mineurs. Porté par Juliette Chesnel Le-Roux, ce vœu vise à instaurer une autorité municipale totalement indépendante pour sécuriser les enfants dans toutes les structures de la ville, qu'il s'agisse des crèches, des écoles ou des centres de loisirs.
Un contexte marqué par des affaires récentes
Face aux dysfonctionnements mis en lumière par l'actualité récente, notamment à Paris où des affaires de maltraitance en milieu périscolaire et en crèche ont révélé l'ampleur du phénomène et le désarroi des parents, l'élue souhaite que Nice se dote d'un défenseur ou d'une défenseuse municipale des droits de l'enfant. Mais Nice n'est pas épargnée : un animateur du centre de loisirs de Terra Amata est en détention provisoire depuis février dernier, mis en examen pour viol sur mineur de 15 ans, agression sexuelle sur mineur de 15 ans, agression sexuelle sur mineur de plus de 15 ans par personne ayant autorité, et harcèlement sexuel par personne abusant de son autorité.
Un défenseur totalement indépendant
Lorsqu'un enfant est victime ou témoin de violences, le parcours de signalement est un parcours du combattant. « Aujourd'hui, les parents s'adressent éventuellement à la police qui traite, ou pas, en fonction de sa charge de travail », déplore Juliette Chesnel Le-Roux. Elle regrette également que la libération de la parole au sein des structures d'accueil se heurte trop souvent au poids de la hiérarchie ou à l'influence de l'agresseur. Le groupe de la gauche-écolo insiste donc sur l'importance d'une étanchéité totale avec les institutions locales. « Le ou la défenseur devra être indépendant de la municipalité, du rectorat, des établissements scolaires et des organismes privés », précise-t-elle.
Des compétences et des pouvoirs étendus
Les élus d'opposition misent sur une personne dont les compétences dépassent celles du simple juriste. « Il faut qu'elle soit formée », martèle l'opposante. Le dispositif prévoit la signature de conventions avec le Département, la Région et l'État, offrant à ce défenseur un véritable pouvoir de contrôle et d'investigation. « Il devra pouvoir visiter tous les lieux sans avoir à prévenir. Si on doit demander un rendez-vous, on planque tout ce qui peut poser problème », tranche l'élue. Le défenseur pourra aussi piloter la formation des personnels pour repérer les signaux faibles, mener des actions de sensibilisation auprès des enfants, et auditer la politique de l'adjointe à l'enfance pour identifier les lacunes. « Nous voulons aussi un rapport trimestriel pour connaître le nombre de signalements et les écoles concernées », conclut l'écologiste.



