Mort de Lyhanna : un big bang nécessaire contre les violences
Mort de Lyhanna : big bang contre violences

La mort tragique de Lyhanna, une fillette de 5 ans, secoue la France et met en lumière les failles béantes du système de protection de l'enfance. Dans une tribune publiée ce jeudi, plusieurs personnalités issues de la société civile, du monde politique et de la culture réclament un « big bang » et des moyens conséquents pour enrayer ce qu'elles qualifient de « mal systémique ».

Un drame qui interpelle

Lyhanna est décédée le 4 juin dernier, des suites de violences infligées par ses parents. Malgré les signalements répétés aux services sociaux, l'enfant n'a pas été protégée. Ce drame n'est malheureusement pas isolé : en France, un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents. Les signataires de la tribune dénoncent un système « à bout de souffle », miné par le manque de moyens, la lenteur administrative et une coordination défaillante entre les acteurs.

Des appels à une réforme en profondeur

Parmi les signataires figurent des magistrats, des éducateurs, des médecins, mais aussi des artistes et des personnalités politiques de tous bords. Ils demandent une refonte globale de la politique de protection de l'enfance, avec des mesures phares :

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  • Un plan d'urgence pour recruter massivement des travailleurs sociaux et des juges spécialisés.
  • Une meilleure formation des professionnels pour détecter les signes de maltraitance.
  • Un renforcement des contrôles et des sanctions en cas de manquement.
  • Une simplification des procédures pour permettre une intervention plus rapide.

Ils insistent sur la nécessité de « mettre fin à la culture du soupçon » qui paralyse parfois les professionnels, et de placer l'intérêt de l'enfant au cœur de toutes les décisions.

Des moyens insuffisants

La tribune pointe du doigt le sous-financement chronique de la protection de l'enfance. En 2023, les départements, responsables de cette politique, ont consacré en moyenne 8,5 milliards d'euros, un montant jugé insuffisant face à l'augmentation des signalements. Les signataires réclament un « choc d'investissement » pour rattraper le retard accumulé.

« Chaque année, des milliers d'enfants sont sacrifiés sur l'autel de l'inaction politique », écrivent-ils. « Nous ne pouvons plus accepter que des vies soient brisées par manque de moyens et de volonté. »

Une mobilisation citoyenne

Au-delà de la tribune, une pétition en ligne a recueilli plus de 200 000 signatures en quelques jours. Des rassemblements sont prévus ce week-end dans plusieurs villes de France pour rendre hommage à Lyhanna et exiger des mesures concrètes.

Le gouvernement a annoncé la création d'une mission d'inspection sur la protection de l'enfance, mais les associations jugent cette réponse insuffisante. « Nous n'avons plus besoin de rapports, nous avons besoin d'actes », martèle une porte-parole de l'Union nationale des associations de protection de l'enfance.

La mort de Lyhanna pourrait-elle être le électrochoc qui fera enfin bouger les lignes ? Pour les signataires, l'heure n'est plus aux discours, mais à l'action. « Il est temps de passer de la sidération à la révolution », concluent-ils.

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