Le Parlement a définitivement adopté, ce lundi 3 juin, une proposition de loi transpartisane visant à améliorer l'accompagnement des parents d'enfants gravement malades, handicapés ou accidentés. Le texte, porté par le député Modem Erwan Balanant et la sénatrice PS Michelle Meunier, a recueilli un large consensus, avec un vote favorable de l'Assemblée nationale et un vote unanime du Sénat.
Des congés élargis et mieux rémunérés
La proposition de loi prévoit plusieurs avancées significatives. Tout d'abord, le congé de présence parentale est étendu : il pourra désormais être pris jusqu'aux 20 ans de l'enfant, contre 18 ans auparavant. De plus, la durée maximale de ce congé passe de 310 à 340 jours sur l'ensemble de la carrière du parent. Ce congé permet au parent de suspendre son contrat de travail pour s'occuper de son enfant, avec une allocation journalière versée par la Sécurité sociale.
En outre, le texte instaure un nouveau congé de proche aidant, d'une durée maximale de 66 jours, pour les parents d'enfants handicapés ou dépendants. Ce congé est indemnisé à hauteur de 80% du salaire net, dans la limite d'un plafond fixé à 80 euros par jour. Cette mesure vise à éviter que les parents ne soient contraints de réduire leur temps de travail ou de quitter leur emploi pour s'occuper de leur enfant.
Une aide au logement et aux frais de transport
Le texte prévoit également une meilleure prise en charge des frais de logement et de transport pour les parents qui doivent se déplacer pour accompagner leur enfant hospitalisé. Les parents pourront bénéficier d'une aide forfaitaire de 150 euros par mois pour le logement, et d'une prise en charge des frais de transport à hauteur de 0,25 euro par kilomètre. Ces aides seront versées sous conditions de ressources.
Par ailleurs, la proposition de loi crée un fonds d'aide d'urgence pour les familles confrontées à des situations imprévues liées à la maladie ou au handicap de leur enfant. Ce fonds, doté de 10 millions d'euros par an, sera géré par les caisses d'allocations familiales.
Un texte salué par les associations
Les associations de parents d'enfants malades et handicapés ont salué l'adoption de ce texte. La présidente de l'Association pour l'insertion sociale des malades (APISM) a déclaré : "C'est une avancée majeure pour des milliers de familles qui se battent au quotidien. Ces mesures vont permettre aux parents de mieux concilier vie professionnelle et accompagnement de leur enfant."
Le gouvernement a également soutenu le texte, la ministre des Solidarités, Aurore Bergé, soulignant que "ces dispositions répondent à une urgence sociale et humaine." La proposition de loi devrait entrer en vigueur dès le 1er septembre 2024.
En résumé, cette loi offre un répit bienvenu aux parents d'enfants gravement malades, en allongeant les congés, en améliorant leur rémunération et en facilitant les déplacements et l'hébergement près des lieux de soins. Une avancée sociale significative dans un domaine souvent négligé.



