Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi son intention d'interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans d'ici à la fin de l'année 2026. Cette mesure, présentée comme une priorité de son quinquennat, vise à protéger les jeunes des dangers du numérique, notamment du cyberharcèlement, de l'exposition à des contenus inappropriés et de l'addiction aux écrans.
Un calendrier serré pour une réforme ambitieuse
Le président de la République a dévoilé ce projet lors d'un déplacement dans une école primaire à Paris, en présence de plusieurs ministres et d'acteurs du secteur éducatif. Il a précisé que la mise en œuvre de cette interdiction passerait par une loi spécifique, qui sera présentée au Parlement dès la rentrée 2026. L'objectif est de parvenir à une fermeture effective des comptes des moins de 15 ans sur les principales plateformes (TikTok, Instagram, Snapchat, etc.) d'ici au 31 décembre 2026.
Pour y parvenir, le gouvernement prévoit de renforcer les obligations des réseaux sociaux en matière de vérification de l'âge des utilisateurs. Les plateformes devront mettre en place des systèmes fiables, sous peine de sanctions financières lourdes. « Il est temps que les géants du numérique assument leurs responsabilités », a déclaré Macron, en évoquant des amendes pouvant atteindre 4 % de leur chiffre d'affaires mondial.
Un débat sur la faisabilité technique
Cette annonce suscite déjà des réactions contrastées. Les associations de protection de l'enfance saluent une avancée majeure, tandis que les défenseurs des libertés numériques s'inquiètent des risques pour la vie privée et de la possible censure. Des experts en cybersécurité doutent par ailleurs de la faisabilité technique d'une telle mesure, la vérification de l'âge en ligne restant un casse-tête.
Le gouvernement assure travailler sur des solutions respectueuses de l'anonymat, comme l'utilisation d'un tiers de confiance ou d'un système de certificat numérique délivré par l'État. Une expérimentation pourrait être lancée dès 2026 dans plusieurs établissements scolaires.
Une mesure qui s'inscrit dans un plan plus large
Cette interdiction s'inscrit dans le cadre d'un plan plus vaste de régulation du numérique, qui inclut également un renforcement de l'éducation aux médias et à l'information dès le plus jeune âge, ainsi qu'un soutien accru à la parentalité numérique. Macron a également évoqué la création d'un « droit à la déconnexion » pour les mineurs, qui permettrait aux parents de bloquer l'accès aux réseaux sociaux pendant certaines plages horaires.
Les plateformes, de leur côté, se disent prêtes à collaborer mais rappellent les défis techniques et juridiques. Certaines évoquent le risque d'une fragmentation d'Internet si chaque pays adopte ses propres règles. La France espère néanmoins faire école au niveau européen, en s'appuyant sur le Digital Services Act (DSA) pour harmoniser les règles.
En attendant, les parents et les éducateurs sont invités à anticiper cette mesure en sensibilisant les jeunes aux usages responsables du numérique. Une campagne nationale de communication devrait être lancée dès la rentrée prochaine.



