La cinéaste Laetitia Masson, connue pour des films comme En avoir (ou pas) et La Repentie, a accordé un entretien au journal Le Monde dans lequel elle aborde un sujet profondément personnel : le handicap de ses deux enfants. Pour la première fois, elle livre son expérience de mère confrontée à cette réalité, expliquant comment cela a bouleversé sa vision de la vie et de l'art.
Un diagnostic qui change tout
Laetitia Masson raconte que le diagnostic du handicap de ses enfants est survenu progressivement. Elle évoque des signes précoces, des consultations médicales, et un long cheminement avant d'accepter la situation. "Les enfants avec un handicap nous obligent à sortir de notre ligne droite", confie-t-elle. Selon elle, cette expérience force à réévaluer les priorités et à abandonner l'idée d'une vie tracée d'avance.
La réalisatrice souligne que chaque enfant est unique et que le handicap n'est pas une fatalité, mais une différence qui nécessite adaptation et amour. Elle insiste sur l'importance de ne pas se laisser enfermer par le regard des autres ou par les normes sociales.
L'impact sur la création artistique
Cette expérience a également influencé son travail de cinéaste. Laetitia Masson explique que le handicap de ses enfants l'a amenée à s'interroger sur la représentation du corps et de la différence dans ses films. "Je ne peux plus filmer les corps de la même manière", dit-elle. Elle cherche désormais à montrer la beauté dans l'imperfection et à donner une voix à ceux qui sont souvent invisibles.
La cinéaste confie que cette transformation intérieure se reflète dans ses projets récents. Elle prépare un film qui aborde directement ces questions, sans toutefois vouloir en faire un manifeste. "Je veux raconter des histoires, pas faire de la pédagogie", précise-t-elle. Son objectif est de toucher le public par l'émotion et la sincérité.
Une leçon de vie et de résilience
Au-delà de la création, Laetitia Masson voit dans cette expérience une leçon de vie. Elle affirme que ses enfants lui ont appris à être plus patiente, plus à l'écoute, et à apprécier les petites joies du quotidien. "Ils m'ont appris à lâcher prise", confie-t-elle. Cette philosophie l'accompagne désormais dans tous les aspects de sa vie.
La réalisatrice conclut en appelant à une plus grande inclusion des personnes handicapées dans la société et dans les arts. Elle espère que son témoignage pourra aider d'autres parents confrontés à des situations similaires. "Il ne faut pas avoir peur de la différence", lance-t-elle. "C'est elle qui nous rend humains."



