Le nombre de signalements de disparitions de mineurs a progressé de 6,4 % en 2025, un chiffre qui rompt avec la tendance à la baisse observée ces dernières années, indique dans son rapport, ce lundi, la fondation Droit d'Enfance en charge du 116 000, le numéro d'urgence dédié.
Le 116 000 est le numéro d'urgence européen gratuit, accessible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept en cas de disparition d'enfant. Il offre aux parents une écoute, du conseil juridique ainsi qu'un soutien psychologique.
Au total, 40 953 disparitions de mineurs ont été signalées, soit 112 enfants par jour. Parmi ce total, les signalements portant sur des disparitions inquiétantes ont bondi de 18,6 % à 1 629 cas, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur cités dans le rapport. Ils correspondent à des situations où l'intégrité ou la sécurité de l'enfant apparaît menacée, par exemple en cas d'emprise, d'exploitation sexuelle ou de troubles psychiques. Pour la première fois, ces disparitions inquiétantes concernent une majorité de mineurs de moins de 15 ans.
Pour autant, cette hausse globale est d'abord due à une augmentation du nombre de fugues. Ces dernières ont progressé de 6,2 % sur un an (38 706). Elles représentent toujours plus de 95 % du total des signalements effectués auprès des forces de l'ordre. Près de 38 % d'entre elles concernent des mineurs de moins de 15 ans. « Ce sont de plus en plus de jeunes enfants qui se retrouvent en situation d'errance et de danger », observe Julien Landureau, porte-parole de la fondation.
Souffrance profonde ou emprise d'un tiers
Conflit avec les parents, emprise d'un tiers, recherche d'émancipation : différents motifs expliquent ces fugues, qui peuvent durer quelques heures ou se prolonger plusieurs mois. La fondation rappelle l'importance de signaler le plus tôt possible ce type de situation aux forces de l'ordre. Deux tiers des jeunes sont retrouvés ou rentrent volontairement dans les premiers jours.
Une fugue « n'est jamais anodine mais peut au contraire révéler une souffrance profonde, une mise en danger ou l'influence d'un tiers », souligne dans un communiqué la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry. « Nous devons mieux prévenir, mieux repérer les signaux faibles. » Les enlèvements parentaux régressent en revanche de 7,1 % pour atteindre 618 signalements.



