Affaire Lyhanna : 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année
Affaire Lyhanna : 160 000 enfants victimes chaque année

Le meurtre de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance (Gers), par un suspect déjà visé par de multiples plaintes et signalements, relance le débat sur les réponses judiciaires face à la pédocriminalité. Ce drame fait écho aux alertes de la CIIVISE, qui dénonce l’insuffisance de la protection des enfants victimes et les dysfonctionnements persistants du système actuel.

Le drame de Lyhanna : un prédateur passé sous les radars

Enlevée, violée, puis tuée, l’horrible destinée de la petite Lyhanna, 11 ans, a mis tout un pays en émoi. La jeune fille a disparu le 29 mai 2026 à Fleurance (Gers) à la sortie de son collège. Son corps est retrouvé le 4 juin dans un silo agricole d’une ancienne coopérative au sein de laquelle le suspect, Jérôme Barella, a travaillé. Les résultats des expertises médico-légales confirment que Lyhanna a été violée avant sa mort et mettent également en évidence la présence de l’ADN du suspect sur ses parties intimes. La cause du décès n’a pu cependant être établie avec certitude.

Jérôme Barella n’est pas inconnu des services de gendarmerie. Depuis 2017, il a fait l’objet de nombreuses plaintes et de plusieurs signalements. En août 2025, une nouvelle plainte est déposée contre lui par la mère d’une fillette de 10 ans, connue sous le prénom de Rosa. Elle l’accuse d’avoir commis une cinquantaine de viols sur sa fille au cours des années 2024 et 2025. Le 11 septembre, des examens médicaux sur l’enfant confirment la présence de lésions. Selon Le Parisien, le 14 février 2026, le parquet d’Auch avait demandé son placement en garde à vue. Ce qui n’a jamais été fait. Jérôme Barella n’a jamais été auditionné, voire même convoqué.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La CIIVISE fait le point sur ses recommandations

Quelques semaines après la mort de Lyhanna, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) évaluait l’action du gouvernement en la matière. Deux ans et demi auparavant, elle avait formulé pas moins de 82 recommandations. La commission constate que de réels progrès ont été réalisés, mais estime que la protection des enfants victimes reste insuffisante, notamment sur le plan judiciaire.

Chaque année en France, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, selon la CIIVISE. Et d’après un chiffre communiqué par le syndicat de police Alliance 06, la brigade des mineurs de Nice gère actuellement près de 600 dossiers, dont 180 affaires à caractère sexuel.

Une mobilisation pour une loi-cadre

Le 4 juillet 2026 à Nice, plus de 400 personnes se sont mobilisées pour réclamer une loi-cadre contre les violences sexuelles. Cette mobilisation fait suite à l’affaire Lyhanna et aux carences du système de protection de l’enfance. Les associations et les familles de victimes demandent des mesures concrètes pour renforcer la prévention et la réponse judiciaire.

Le numéro 119 - Allo enfance en danger reste un outil essentiel : toute victime ou témoin de violences physiques, psychologiques, sexuelles ou de négligences sur un enfant peut appeler ce numéro confidentiel et gratuit, 7j/7 et 24h/24, même en cas de doute sur une situation.

Cette affaire met en lumière les failles du système et la nécessité d’une action plus ferme pour protéger les enfants. La CIIVISE insiste sur l’urgence d’améliorer la coordination entre les services judiciaires et sociaux, ainsi que sur la formation des professionnels pour mieux repérer et prendre en charge les victimes.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale