La Commission européenne a dévoilé ce mercredi sa toute première stratégie de lutte contre la pauvreté, un plan ambitieux qui fixe l'objectif de réduire de moitié le nombre de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale d'ici 2030. Actuellement, près de 95 millions de citoyens européens, soit 21 % de la population, sont concernés.
Un plan en plusieurs axes
Cette stratégie, intitulée "Pour une Europe sans pauvreté", repose sur trois piliers principaux : l'accès à l'emploi de qualité, la protection sociale renforcée et l'accès aux services essentiels. La Commission entend notamment soutenir la création d'emplois stables et bien rémunérés, en particulier pour les jeunes et les personnes peu qualifiées. Elle propose également de rehausser les niveaux minimaux de protection sociale dans chaque État membre.
Des mesures concrètes
Parmi les mesures phares figure la mise en place d'un revenu minimum garanti dans tous les pays de l'UE, dont le montant serait fixé à au moins 60 % du revenu médian national. La stratégie prévoit aussi un accès universel à une alimentation saine, à un logement décent et à des soins de santé abordables. Un fonds européen de 50 milliards d'euros sera dédié à la mise en œuvre de ces actions sur la période 2027-2032.
La Commission insiste sur la nécessité de lutter contre la pauvreté des enfants, qui touche un enfant sur quatre dans l'Union. Un programme spécifique, "Garantie pour l'enfance", sera renforcé pour assurer l'accès à l'éducation, aux activités extrascolaires et à une alimentation équilibrée.
Une réponse à la crise du coût de la vie
Cette initiative intervient alors que l'inflation et la hausse des prix de l'énergie ont accentué les inégalités. La commissaire aux Affaires sociales, a déclaré : "Nous ne pouvons pas accepter que des millions d'Européens vivent dans la précarité. Cette stratégie est une réponse concrète et ambitieuse pour garantir une vie digne à tous." Les États membres devront transposer ces objectifs dans leurs politiques nationales, sous la supervision de la Commission.
Réactions et défis
Les organisations de lutte contre la pauvreté ont salué l'initiative, mais soulignent que le succès dépendra des moyens financiers alloués et de la volonté politique des gouvernements. Certains pays, notamment ceux d'Europe de l'Est, craignent des coûts élevés et une harmonisation trop contraignante. La stratégie devra être approuvée par le Parlement européen et le Conseil pour entrer en vigueur.



