Selon une étude publiée par l'Observatoire de la vie étudiante (OVE), 30% des étudiants français vivent sous le seuil de pauvreté. Cette situation résulte du désinvestissement chronique de l'État dans l'enseignement supérieur, qui a conduit à une dégradation des conditions de vie des étudiants.
Une précarité en hausse constante
L'étude de l'OVE, menée auprès de 50 000 étudiants, révèle que la précarité a augmenté de 5 points en cinq ans. En 2020, 25% des étudiants étaient considérés comme pauvres ; en 2025, ils sont 30%. Cette hausse est particulièrement marquée chez les étudiants boursiers, dont 45% vivent sous le seuil de pauvreté.
Le rapport souligne que le coût de la vie étudiante a augmenté de 12% depuis 2020, tandis que les bourses et aides n'ont progressé que de 3%. Cette divergence explique en grande partie la dégradation des conditions de vie.
Le désengagement de l'État en cause
Selon le rapport, la part du PIB consacrée à l'enseignement supérieur est passée de 1,5% en 2010 à 1,2% en 2025. Ce désinvestissement chronique a entraîné une réduction des effectifs du personnel administratif et une hausse des frais d'inscription dans certaines filières.
Le président de l'OVE, Jean-Michel Fournier, déclare : « L'État n'a pas pris la mesure de la détérioration des conditions de vie des étudiants. Il est urgent d'inverser la tendance. » Il ajoute que « les étudiants sont les premières victimes de ce désengagement, ce qui compromet leur réussite académique et leur insertion professionnelle. »
Des conséquences sur la santé et la réussite
L'étude montre que 40% des étudiants concernés sautent des repas régulièrement, et 25% renoncent à des soins médicaux faute de moyens. Ces conditions précaires ont un impact direct sur la réussite : le taux d'échec en première année est de 45% chez les étudiants précaires, contre 25% pour les autres.
Face à ce constat, l'OVE recommande une revalorisation des bourses de 15% et un gel des loyers étudiants. Le ministère de l'Enseignement supérieur, contacté, n'a pas encore réagi. La publication de ce rapport intervient alors que le gouvernement prépare son budget pour 2026, et les associations étudiantes appellent à une mobilisation nationale en septembre.



