Un père et sa fille de neuf ans ont été retrouvés pendus à leur domicile familial, mercredi 11 août, dans le Pas-de-Calais. Les faits se sont déroulés dans une commune du secteur de Lens, selon une source proche de l'enquête. Les secours, alertés en début de matinée, n'ont pu que constater le décès des deux victimes.
Une enquête ouverte pour déterminer les circonstances du drame
Le parquet de Béthune a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort. Les premières constatations, réalisées sur place par les techniciens de l'identification criminelle, n'ont pas permis de déterminer immédiatement s'il s'agit d'un suicide ou d'un homicide suivi d'un suicide. Les investigations devront notamment établir le déroulé précis des événements et l'éventuel rôle d'un tiers.
Selon les premiers éléments, le père, âgé d'une trentaine d'années, et sa fille ont été découverts dans une pièce de la maison. Aucun message n'a été retrouvé à ce stade. Les voisins, interrogés par les enquêteurs, décrivent un homme discret, sans signe particulier de détresse apparente. La mère de l'enfant, séparée du père, a été prévenue et prise en charge par une cellule psychologique.
Le drame relance le débat sur la prévention des violences intrafamiliales
Ce drame s'ajoute à une série de faits similaires survenus ces dernières semaines en France. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 145 féminicides ont été recensés en 2025, et dans 28 cas, des enfants ont également été tués. Les associations de défense des droits des femmes rappellent que la présence d'enfants est un facteur de risque aggravant dans les situations de violences conjugales.
« C'est un drame absolu. On ne peut pas laisser un enfant mourir dans l'indifférence. Il faut renforcer les dispositifs de repérage et de protection des enfants exposés aux violences au sein du couple », a déclaré à Libération la présidente d'une association locale d'aide aux victimes, jointe par téléphone.
Le maire de la commune, qui s'est rendu sur place, a exprimé son émotion et a annoncé la mise en place d'une cellule d'écoute pour les habitants. Une marche blanche est envisagée dans les prochains jours en hommage à la fillette.
Une enquête confiée à la police judiciaire
L'enquête a été confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire de Lille. Les autopsies doivent être pratiquées dans les prochains jours pour préciser les causes exactes de la mort et rechercher d'éventuelles traces de lutte ou de substances toxiques. Les résultats sont attendus sous huitaine.
En attendant, les proches des victimes sont entendus et les téléphones portables ainsi que les ordinateurs de la famille ont été saisis pour être analysés. Les enquêteurs cherchent également à savoir si le père avait déjà fait l'objet de signalements pour violences ou de suivis psychologiques.
Cette affaire intervient alors que le gouvernement a annoncé récemment un plan de lutte contre les violences faites aux enfants, avec notamment le renforcement des unités de prise en charge. Mais pour les associations, les moyens restent insuffisants, en particulier dans les zones rurales et périurbaines.



