Pauvreté : le CNLE demande au gouvernement de renoncer à l'ASU
Pauvreté : le CNLE s'oppose à l'allocation de solidarité unifiée

Le CNLE s'oppose fermement à l'allocation de solidarité unifiée

Le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE) a rendu un avis cinglant sur le projet d'allocation de solidarité unifiée (ASU). Dans un document publié ce mercredi, l'instance consultative invite le gouvernement à renoncer à cette réforme, qu'elle juge contre-productive et dangereuse pour les personnes précaires.

Une réforme aux multiples failles

Selon le CNLE, l'ASU, qui vise à fusionner plusieurs prestations sociales en une allocation unique, présente de nombreux défauts. Les membres du conseil estiment que ce dispositif simplifierait certes l'accès aux droits, mais au prix d'une diminution des montants versés aux bénéficiaires les plus vulnérables. Ils pointent également un risque de non-recours accru, les personnes éligibles pouvant être découragées par la complexité des démarches.

Le CNLE souligne que le projet actuel ne tient pas compte des spécificités des différents publics, comme les familles monoparentales ou les personnes handicapées. L'allocation unique ne permettrait pas de répondre à des besoins diversifiés, ce qui pourrait aggraver la précarité de certains ménages.

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Une stigmatisation des bénéficiaires

L'instance critique également la dimension conditionnelle de l'ASU, qui prévoit des contreparties en termes d'insertion professionnelle. Pour le CNLE, cette approche stigmatise les bénéficiaires et les assimile à des assistés, alors que la majorité d'entre eux sont déjà engagés dans des démarches d'insertion. Le conseil rappelle que la lutte contre la pauvreté doit avant tout reposer sur des mesures structurelles, comme l'amélioration de l'accès à l'emploi et au logement.

Des alternatives proposées

Plutôt que de fusionner les aides, le CNLE préconise de renforcer les prestations existantes et de simplifier les démarches administratives sans réduire les montants. Il suggère également de mettre en place un revenu minimum garanti, inspiré du modèle du RSA mais mieux doté et moins conditionné. L'instance appelle à une concertation élargie avec les associations et les collectivités locales avant toute réforme d'envergure.

Le gouvernement, qui espérait présenter le projet de loi à l'automne, devra désormais tenir compte de cet avis. La ministre des Solidarités a indiqué que le texte serait amendé pour répondre aux critiques, mais sans renoncer à l'objectif de simplification. Le débat s'annonce houleux au Parlement.

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