La Ville de Paris a annoncé ce lundi une mesure phare pour la rentrée prochaine : la cantine sera gratuite pour les enfants des familles les plus modestes. Cette décision, saluée par de nombreuses associations de lutte contre la précarité, vise à garantir à chaque enfant un repas équilibré par jour, souvent le seul repas solide de la journée pour certains.
Une mesure pour lutter contre les inégalités
Selon la mairie de Paris, cette gratuité concernera les enfants dont les familles sont en dessous du seuil de pauvreté, soit environ 20 000 élèves par jour. Le coût total pour la collectivité est estimé à 15 millions d'euros par an. « C’est souvent le seul repas solide de la journée pour ces enfants », a déclaré l’adjointe à l’éducation, soulignant l’importance de cette mesure pour la santé et la réussite scolaire.
Un dispositif progressif
La gratuité sera mise en place progressivement à partir de septembre 2026. Dans un premier temps, elle concernera les écoles maternelles et élémentaires situées dans les quartiers les plus défavorisés. Ensuite, elle sera étendue à l’ensemble des écoles parisiennes d’ici 2028. Les familles concernées n’auront aucune démarche à effectuer : la gratuité sera automatique sur la base des critères sociaux déjà connus de la caisse d’allocations familiales.
Un enjeu de santé publique
Au-delà de l’aspect social, cette mesure répond à un enjeu de santé publique. De nombreuses études montrent que la malnutrition et la précarité alimentaire affectent directement la capacité d’apprentissage des enfants. En garantissant un repas chaud et équilibré, la Ville espère réduire les retards scolaires et améliorer la concentration en classe.
Les associations de parents d’élèves ont salué cette initiative, tout en appelant à une vigilance sur la qualité des repas servis. « Il ne suffit pas que la cantine soit gratuite, il faut aussi qu’elle soit saine et locale », a commenté une représentante de la Fédération des conseils de parents d’élèves. La mairie a assuré que les menus continueront d’être élaborés avec des produits bio et de saison, dans le cadre de son plan alimentation durable.
Un financement assumé
Pour financer cette mesure, la Ville de Paris prévoit de réallouer des budgets existants et de solliciter l’État dans le cadre de la dotation de solidarité urbaine. Le maire socialiste a insisté sur le caractère prioritaire de cette dépense : « Investir dans l’alimentation de nos enfants, c’est investir dans l’avenir de notre ville. »
Cette décision parisienne pourrait faire des émules dans d’autres grandes villes françaises, où la question de la gratuité des cantines est régulièrement débattue. À Lyon, Marseille ou Lille, des associations militent pour une mesure similaire, arguant que le coût de la cantine pèse lourdement sur le budget des familles modestes.



