À Marseille, des centaines de familles vivent dans des squats, souvent sans eau ni électricité, sous la menace constante d'expulsions. Selon une enquête de l'association Droit au logement (DAL), environ 1 500 personnes occupent illégalement des bâtiments vacants dans la ville, dont 40 % sont des enfants. Ces logements de fortune sont souvent insalubres, avec des risques d'incendie et de maladies.
Des conditions de vie indignes
Les squats marseillais manquent d'infrastructures de base. L'absence de raccordement à l'eau potable oblige les habitants à se ravitailler via des fontaines publiques ou des dons. L'électricité est parfois détournée illégalement, ce qui expose à des risques électriques. Les sanitaires sont inexistants, forçant les familles à utiliser des seaux ou des toilettes publiques.
"Nous vivons dans la peur constante d'être expulsés du jour au lendemain", témoigne Fatima, mère de trois enfants, qui occupe un ancien entrepôt dans le 3e arrondissement. "Les enfants tombent souvent malades à cause de l'humidité et du manque d'hygiène."
Une réponse insuffisante des autorités
La mairie de Marseille reconnaît l'ampleur du problème mais estime que ses capacités d'hébergement d'urgence sont limitées. En 2025, seules 200 places en hébergement d'urgence ont été créées, loin des besoins estimés à 1 000 places. Les associations critiquent le manque de volonté politique et la lenteur des procédures de relogement.
"Les expulsions se multiplient sans solution de relogement digne", dénonce Jean-Claude, bénévole au DAL. "On déplace le problème sans le résoudre. Les familles se retrouvent à la rue ou dans des squats encore plus précaires."
Un phénomène en hausse
La crise du logement à Marseille s'aggrave. Les loyers ont augmenté de 15 % en cinq ans, tandis que les revenus des ménages les plus modestes stagnent. Le nombre de squats a doublé depuis 2020, passant de 50 à plus de 100 recensés. Les quartiers les plus touchés sont les 3e, 14e et 15e arrondissements.
Selon la Fondation Abbé Pierre, 20 000 ménages sont en attente d'un logement social à Marseille, avec un délai d'attente moyen de 4 ans. Face à cette pénurie, l'occupation de bâtiments vides apparaît comme une solution de dernier recours.
Des initiatives citoyennes émergent
Des collectifs d'habitants et des associations tentent de pallier les carences de l'État. Des ateliers d'auto-réhabilitation sont organisés pour améliorer l'habitabilité des squats, et des réseaux de solidarité distribuent de la nourriture et des vêtements. Cependant, ces actions restent insuffisantes face à l'ampleur de la crise.
"Nous ne demandons pas des solutions miracles, mais un toit décent pour nos enfants", conclut Fatima. "Nous sommes prêts à travailler et à payer un loyer, mais nous n'avons pas les moyens de suivre le marché."



