La Coupe du Monde de football 2026, organisée conjointement par le Canada, les États-Unis et le Mexique, s'annonce comme la plus polluante de l'histoire, selon l'organisation Scientists for Global Responsibility. Avec 104 matchs disputés dans 16 stades répartis sur 4 000 kilomètres, la compétition devrait émettre plus de 9 millions de tonnes de CO2 sur cinq semaines. Ce bilan carbone représente un coût climatique estimé à 9 milliards d'euros, soit exactement le montant des retombées économiques attendues, annulant ainsi tout bénéfice net pour les pays hôtes.
Des records de chaleur et d'émissions
Deux records sont battus en ce mois de juin 2026. Le premier concerne la France, où les températures normales de saison ont été dépassées pour la deuxième fois cette année, après un mois de mai déjà marqué par des chaleurs intenses et des canicules précoces. Le second record est américain : alors que les organisateurs avaient promis la Coupe du Monde « la plus verte » et « la moins émettrice de carbone de l'ère moderne », les émissions réelles devraient atteindre 9 millions de tonnes de CO2, principalement en raison de l'augmentation du nombre de matchs (104 contre 64 en 2022) et des distances à parcourir entre les stades.
Un non-sens économique et climatique
Mathilde Viennot, journaliste économique, souligne dans sa chronique que cette Coupe du Monde est à la fois un non-sens climatique et économique. « Les émissions de gaz à effet de serre de l'événement coûteront 9 milliards d'euros à la société, soit autant que les retombées économiques attendues. Cela signifie que le bénéfice net est nul, voire négatif si l'on prend en compte les dommages climatiques à long terme », explique-t-elle. Selon elle, tant que les économies continueront à émettre du carbone, le réchauffement climatique s'accélérera, et nous sommes actuellement sur une trajectoire menant à +1,5 °C dès 2030.
Un lien direct entre sport et climat
Les deux records – chaleur en France et émissions aux États-Unis – sont liés. Le réchauffement climatique, alimenté par les émissions de CO2, provoque des canicules plus fréquentes et plus intenses. La Coupe du Monde 2026 illustre parfaitement ce paradoxe : un événement sportif mondial qui se veut un vecteur de rassemblement mais dont l'empreinte carbone aggrave le problème qu'il prétend ignorer. Les organisateurs avaient pourtant promis une compétition exemplaire, mais les chiffres montrent une réalité bien différente.
Des conséquences à long terme
Au-delà du coût immédiat, les 9 millions de tonnes de CO2 émis contribueront au réchauffement global. Selon les scientifiques, chaque tonne de CO2 a un coût social estimé à environ 1 000 euros, ce qui porte le préjudice climatique total à 9 milliards d'euros. Ce montant équivaut aux dépenses des visiteurs et aux investissements liés à l'événement, mais sans compensation pour les dommages environnementaux. « C'est un jeu à somme nulle, mais avec des pertes irréversibles pour le climat », conclut Mathilde Viennot.



