Familles monoparentales : le combat quotidien contre la précarité
Familles monoparentales : la précarité au quotidien

« Cela me fend le cœur de dire à mes enfants que papa ne peut plus payer. » Cette phrase de Christian Soulier, père solo de quatre enfants, illustre le quotidien des familles monoparentales, toujours sur le fil du rasoir. Le 29 octobre 2025, la conférence régionale de lutte contre la pauvreté, organisée à l’Université Paul-Valéry de Montpellier, a mis en lumière cette réalité.

La monoparentalité en Occitanie : des chiffres alarmants

La région compte 300 000 familles monoparentales, soit 17 % des familles. Parmi elles, 209 000 perçoivent des aides de la Caf, dont 45 000 dans l’Hérault. À Montpellier, 25 % des familles monoparentales y vivent. Un quart des enfants mineurs d’Occitanie grandissent dans une famille monoparentale. Dans 80 % des cas, une femme est à la tête du foyer, et dans 90 % des cas, ce sont les femmes qui ont la charge exclusive des enfants. Un tiers de ces familles vivent sous le seuil de pauvreté.

Des mesures pour soutenir les parents isolés

La Ville de Montpellier a mis en place un plan d’actions 2024-2026. Parmi les mesures phares : des séjours de répit pour les mères solos à la base de loisirs Poséidon de La Grande-Motte, un accueil des enfants en horaires décalés (avant 7h30 et après 18h30) au tarif d’une crèche publique, et une priorisation des demandes de places en crèche. Depuis la rentrée 2025, près de 80 % des demandes des familles monoparentales ont été satisfaites.

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Sarah : « Tout est devenu plus compliqué »

Sarah a quitté son compagnon violent il y a huit ans. Mère d’une fille de trois ans, elle a dû reprendre des études en psychanalyse tout en travaillant en Ehpad. « Tout est devenu plus compliqué, surtout pour la garde de ma fille. Je devais la déposer chez la nounou très tôt, puis courir au travail. » Les frais de garde ont explosé, obligeant à réduire les activités sportives du fils aîné, les sorties et certains produits alimentaires. « Dire non tout le temps à ses enfants, c’est les frustrer. » Malgré le ras-le-bol, elle tient bon pour eux.

Christian : « Le père passe avant l’homme »

Christian Soulier, chef cuisinier dans un collège montpelliérain, a obtenu la garde exclusive de ses quatre derniers enfants après son divorce. Pour joindre les deux bouts, il a loué deux chambres à des étudiants en échange d’une aide pour les devoirs et les trajets scolaires. « C’est le système D pour tout. Cela fait mal au cœur de dire à ses enfants que papa ne peut plus payer. » Sa vie privée est inexistante : « Tu n’as plus le temps d’avoir des relations sociales, alors des relations affectives, c’est inimaginable. » Son rêve : créer une association pour les parents solos.

Un risque permanent de bascule

La conférence a souligné l’angoisse permanente de basculer dans la précarité. Les familles monoparentales, souvent isolées, doivent jongler entre travail, garde d’enfants et budget serré. Les initiatives locales apportent un répit, mais la route reste longue pour ces parents qui mettent leurs enfants avant tout.

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