Dolcip : un projet inédit pour réinsérer les patients douloureux chroniques à Montpellier
Dolcip : réinsertion des patients douloureux chroniques à Montpellier

Un projet pilote pour briser l'isolement des patients douloureux chroniques

Au centre anti-douleur du CHU de Montpellier, un projet novateur nommé Dolcip offre un accompagnement vers la réinsertion professionnelle aux patients atteints de douleurs chroniques. Rémi Baylet, patient devenu conseiller, témoigne : "Je ne peux que la remercier, elle a changé ma vie." Ces mots adressés au Dr Fabienne Marcaillou illustrent le succès de cette initiative unique.

Un parcours semé d'embûches

Rémi Baylet, ancien commercial, a vu sa vie basculer après une opération vasculaire. "Après un problème vasculaire, j'ai subi une opération qui a laissé des séquelles." Contraint d'arrêter de travailler, il souffre le martyre et les traitements médicamenteux le laissent inconscient. "On me donnait des médicaments qui me shootaient, je tombais dans les pommes dès qu'on m'examinait." Après des mois d'enfer, il est orienté vers le centre anti-douleur. Il espère un traitement miracle, mais découvre une approche différente : "J'ai d'abord testé un patch à base de piment", sans effet. Finalement, la neurostimulation électrique transcutanée le soulage.

Comprendre la douleur chronique

Le Dr Marcaillou explique : "Quand un corps silencieux devient bruyant, c'est effroyable. La douleur chronique, c'est comme un deuil de sa vie précédente. Ici, on ne va pas supprimer la douleur, on va apprendre à vivre avec." Elle insiste sur l'impact psychologique et social : "La douleur génère des émotions, des peurs, de la dépression, de la colère…" Au-delà de l'aspect physique, la maladie entraîne une inaptitude au travail et une vulnérabilité sociale, pouvant mener à la précarité. "La majorité de nos patients sont en âge de travailler. Une fois qu'on a repéré ça, on fait quoi ?"

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un patient devenu acteur du dispositif

Convaincue de la nécessité d'une évaluation socio-professionnelle, le Dr Marcaillou a l'idée de créer un poste de conseiller en insertion. Rémi Baylet, patient volontaire et formé comme travailleur social, est le profil idéal. "C'est un patient très enjoué, très volontaire. Il savait me parler de sa douleur, poser des mots dessus et cohabiter avec elle." Avec le soutien de la Fondation Apicil et du CHU, le projet pilote Dolcip voit le jour. Rémi Baylet devient conseiller en insertion professionnelle, proposant entretiens personnalisés, suivi précis et conseils concrets pour une reprise de travail, une reconversion ou une reconnaissance de travailleur handicapé.

Des résultats probants

En un an, plusieurs patients ont retrouvé un emploi (ambulancier, agent immobilier, aide-soignant) ou se sont formés dans le social. "Certains ont retrouvé un emploi et sont devenus ambulancier, agent immobilier, aide-soignant, d'autres sont en formation pour travailler dans l'aide sociale…" Le suivi va au-delà de la réinsertion : "La plupart des patients qui ont un projet professionnel en cours arrêtent leur suivi au centre." Prendre le patient dans sa globalité s'avère efficace sur tous les points. Comme le chantait Henri Salvador, "Le travail, c'est la santé" ; ces paroles prennent tout leur sens.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale