Crise démographique en France : les naissances chutent, la classe politique inquiète
Crise démographique : les naissances chutent en France

Sur le plan démographique, la France connaît une rupture historique. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès (651 000) a dépassé en 2025 le nombre de naissances (645 000). En quinze ans, les naissances ont chuté d’un quart, tandis que l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est passé de 2,02 à 1,53 enfant par femme, son plus bas niveau depuis 1918 (1,56 enfant par femme).

La France rejoint la moyenne européenne

Longtemps considérée comme une exception démographique en Europe, avec des crèches pleines et une population dynamique, la France rejoint désormais ses voisins allemand, italien et espagnol. Cette baisse de la natalité a des conséquences économiques et budgétaires majeures, mais la classe politique semble davantage préoccupée par les effets sociétaux. À droite, le spectre du « grand remplacement » et la crainte d’une immigration massive pour compenser le déclin alimentent les discours identitaires.

Les propositions de la droite et de l’extrême droite

Bruno Retailleau, président des Républicains, a dévoilé un plan pour sortir de « l’hiver démographique », incluant un revenu familial de 240 euros par mois dès le premier enfant, jusqu’à près de 1 000 euros pour le troisième. Le Rassemblement national propose une part fiscale pleine pour le deuxième enfant et un prêt à taux zéro annulé au troisième enfant, s’inspirant du programme hongrois de Viktor Orban.

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L’échec du modèle hongrois

Jordan Bardella a souvent vanté le programme nataliste hongrois, mais une étude du Haut-Commissariat à la stratégie montre son inefficacité. Malgré un prêt bébé généreux et des exonérations fiscales, la Hongrie n’a pas enrayé son déclin : la population est passée sous les 9,5 millions d’habitants pour la première fois depuis 1952, et le taux de fécondité est tombé à 1,31 en 2024, contre 1,64 quatre ans plus tôt. L’objectif de 2,1 enfants par femme d’ici 2030 semble hors de portée.

Les limites des incitations financières

L’échec hongrois démontre qu’il est vain d’espérer inverser la tendance à la dénatalité par des mesures financières seules. Les causes sont multiples et profondes. Comme le souligne l’article, « tout ne s’achète pas » : le désir d’enfant résiste aux incitations fiscales, et l’argent ne fait pas les bébés. La « procréation monétairement assistée » ne fonctionne pas, ce qui est finalement rassurant pour la liberté des couples.

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